Agboville, 17 oct 2026 (AIP) – Les femmes rurales ont plaidé pour un meilleur accès à la terre et au financement, ainsi qu’une plus grande prise en compte de leur rôle dans les décisions agricoles et environnementales, lors de la célébration de la Journée internationale de la femme rurale (JIFR), jeudi 15 octobre 2026 à Agboville.
Organisée par les coordinations de Côte d’Ivoire et de Guinée du Mouvement panafricain « Nous sommes la solution » (NSS), la rencontre avait pour thème « Femmes rurales, gardiennes de la biodiversité et actrices de la souveraineté alimentaire : innover à partir de nos savoirs paysans pour construire un avenir résilient ».
Elle a réuni des participantes venues notamment de Bouaké, Bondoukou et San Pedro, ainsi qu’une délégation guinéenne, autour des enjeux de justice climatique, de préservation de la biodiversité et de souveraineté alimentaire.
La coordinatrice nationale de NSS en Côte d’Ivoire, Konan Monique, également présidente de l’ONG Blah Djassoh, a souligné la nécessité de mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par les femmes rurales et leur contribution au développement agricole.
« C’est l’occasion de réfléchir sur le rôle exact de la femme rurale, son implication et les difficultés qu’elle rencontre », a-t-elle indiqué. Elle a notamment plaidé pour la simplification des procédures d’accès à la terre et au financement, dénonçant les exigences administratives qui pénalisent les femmes. Elle a également alerté sur les conséquences de l’orpaillage clandestin, qui dégrade les terres et les sources d’eau.
Le formateur, Dr Souleymane Cissé, spécialiste en gestion de l’environnement, a expliqué aux participantes les enjeux de la justice climatique, marquée, selon lui, par une répartition inégale des responsabilités dans les émissions de gaz à effet de serre et des conséquences du changement climatique.
« Ceux qui provoquent les changements climatiques ne sont pas ceux qui les subissent », a-t-il relevé, déplorant la faible représentation des femmes dans les instances de décision, alors qu’elles figurent parmi les populations les plus exposées aux effets de ces changements.
La coordinatrice nationale de NSS en Guinée, Kamanou Sia Anne-Marie, a, pour sa part, salué la résilience des femmes rurales, confrontées aux difficultés quotidiennes pour assurer leur subsistance. Elle les a exhortées à revendiquer leur place dans les instances de décision et appelé les autorités à prêter une attention accrue à leurs préoccupations.
Représentant le préfet de l’Agnéby-Tiassa, préfet du département d’Agboville, le secrétaire général 1 de préfecture, Jean-Jacques Atsain, a salué leur contribution à l’alimentation des populations et invité les participantes à préserver leur unité au-delà des différences ethniques.
La célébration s’est poursuivie vendredi avec une mobilisation publique et la lecture de la « Déclaration d’Agboville », en marge de la Journée mondiale de l’alimentation. Des expositions de semences paysannes et de produits agroécologiques étaient également annoncées.
(AIP)
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