Abidjan, 17 juin 2026 (AIP) – À l’occasion de la Journée mondiale contre la faim, l’organisation MaFondation a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur des pertes et du gaspillage alimentaires en Afrique, estimant que ce phénomène constitue un frein majeur à la lutte contre l’insécurité alimentaire sur le continent.
Dans un communiqué de presse, l’organisation indique que plus de 70 millions de tonnes de denrées alimentaires sont perdues ou gaspillées chaque année en Afrique, alors même que des millions de personnes continuent de souffrir de la faim.
Selon le document, entre 30% et 40% de la production alimentaire africaine est perdue avant d’atteindre les consommateurs. Ces pertes sont principalement liées à l’insuffisance des infrastructures de stockage, à la faiblesse des réseaux de transport et au manque de chaînes de froid performantes. En Afrique subsaharienne, elles dépasseraient même 50 % pour certains produits périssables, notamment les fruits et légumes.
À six ans de l’échéance fixée par les Nations unies pour atteindre l’Objectif de développement durable (ODD) n°2 visant l’élimination de la faim, MaFondation juge les progrès insuffisants et appelle à des actions plus ambitieuses.
Pour sa cofondatrice, M’ma Camara, la réduction des pertes post-récolte représente l’un des leviers les plus efficaces pour renforcer durablement la sécurité alimentaire. Elle estime qu’une meilleure conservation, distribution et valorisation des productions existantes permettrait de nourrir davantage de populations sans nécessairement accroître les volumes produits.
L’organisation préconise notamment le développement d’infrastructures de stockage adaptées, l’extension des réseaux de froid, la modernisation des voies de desserte rurales ainsi qu’un accompagnement accru des agriculteurs à travers l’accès aux équipements, à la formation et aux marchés.
Elle propose également la mise en place d’un « Pacte africain pour Zéro Faim, Zéro Gaspillage 2035 », destiné à réduire de moitié les pertes alimentaires d’ici à 2035. Parmi les autres initiatives envisagées figurent la création d’une banque alimentaire agricole rurale pour redistribuer les surplus de production aux populations vulnérables, ainsi que l’instauration d’un fonds d’urgence alimentaire communautaire.
MaFondation plaide enfin pour l’intégration de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les politiques publiques de sécurité alimentaire et pour une mobilisation accrue des financements en faveur des maillons les plus fragiles de la chaîne de production et de distribution.
Fondée par M’ma Camara et Aïssata Camara, MaFondation œuvre pour la lutte contre la faim, la réduction du gaspillage alimentaire et la promotion de la souveraineté alimentaire en Afrique.
(AIP)
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