Abidjan, 17 août 2026 (AIP) – L’Afrique doit renforcer les compétences de ses professionnels afin de participer à la conception, à l’adaptation et à la régulation des outils d’intelligence artificielle (IA), a appelé lundi 17 août 2026 le directeur pédagogique du Centre africain de management et de perfectionnement des cadres (CAMPC), Célestin Yao, à l’ouverture de la deuxième édition de l’Académie internationale de droit du numérique (AIDN).
La formation, organisée du 17 au 21 août au CAMPC d’Abidjan, à l’université Félix Houphouët-Boigny, rassemble plus de 30 intervenants venus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord autour du thème « La justice à l’ère de l’intelligence artificielle ».

Pour Célestin Yao, la transformation numérique impose une évolution des compétences, des pratiques professionnelles et des modes de gouvernance dans le secteur judiciaire.
« Le développement des compétences constitue une priorité », a-t-il déclaré, estimant que les professionnels doivent être en mesure de comprendre les potentialités de l’IA, d’en apprécier les limites et d’identifier les risques liés à son utilisation.
Il a souligné les applications possibles de l’IA dans la recherche et l’analyse d’informations, le traitement de volumes importants de documents, l’automatisation de certaines tâches administratives, l’aide à la rédaction et la gestion des dossiers.
Au-delà de l’appropriation des outils existants, le responsable du CAMPC a appelé à une implication accrue du continent dans leur conception et leur régulation.
« L’Afrique doit être non seulement consommatrice des innovations technologiques, mais également actrice de leur conception, de leur adaptation et de leur régulation », a-t-il affirmé.
Cette appropriation doit, selon lui, tenir compte des réalités institutionnelles, sociales, économiques et culturelles africaines.
Célestin Yao a également présenté la formation comme un cadre permettant aux professionnels de confronter leurs expériences et de réfléchir aux applications concrètes de l’IA dans leurs pratiques.

« Elle ne doit pas être perçue comme une simple initiation à une nouvelle technologie. Elle doit être envisagée comme un espace de réflexion, d’apprentissage, de partage d’expériences et de construction d’une vision responsable », a-t-il expliqué.
L’AIDN est une école d’été internationale qui vise à rapprocher la recherche et la pratique dans le domaine du droit du numérique en Afrique. Elle réunit chaque année des juristes, magistrats, avocats, régulateurs, universitaires et décideurs autour de problématiques telles que la protection des données personnelles, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la régulation des marchés numériques. Cinq jours durant, des séances plénières, conférences thématiques et ateliers sont proposés en présentiel et à distance, avant une évaluation des participants, la remise du prix du meilleur mémoire et la délivrance d’attestations et de certificats de compétence.
La première édition s’était tenue en août 2025 à Lubumbashi, en partenariat avec l’université protestante de Lubumbashi et la faculté de droit de l’université Laval, avec plus de 80 participants. La deuxième édition se déroule à Abidjan du 17 au 21 août 2026.
(AIP)
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