Tiébissou, 04 sept 2026 (AIP) – Le chef du canton Nanafouè Dan et chef du village de Takisalékro, Nanan Salé Boua Yao Kouamé II, a mis en lumière la complexité de l’orpaillage illégal observé sur les rives du fleuve Bandama, dans la localité d’Aman-Salékro, à environ 40 km de Tiébissou, appelant à une mobilisation concertée des autorités et des communautés pour trouver une solution durable.
Nanan Salé Boua Yao Kouamé II s’exprimait mercredi 26 août 2026 lors d’une réunion de concertation organisée par le préfet du département de Tiébissou, Gouassiro Ernest Mathieu, et présidée par la secrétaire générale de préfecture, Mel Marcelle, en prélude aux assises nationales sur le renforcement du dispositif de lutte contre l’orpaillage illégal.
Selon le chef traditionnel, les difficultés actuelles trouvent leur origine dans les déplacements de populations intervenus au début des années 1970 à la suite de la construction du barrage de Kossou par l’autorité pour l’aménagement de la vallée du Bandama (AVB).
Il a expliqué que plusieurs villages du canton avaient alors été déguerpis et leurs habitants réinstallés dans différentes localités, notamment à Tiébissou, Yamoussoukro et San Pedro. Ces déplacements ont entraîné l’abandon de vastes étendues de terres qui ont ensuite été occupées par des populations extérieures au canton.
« Le seul village Nanafouè resté sur l’autre rive est Aman-Salékro. Il ne peut à lui seul exercer son autorité sur l’ensemble du territoire abandonné », a-t-il souligné.
Nanan Salé Boua Yao Kouamé II estime que cette situation limite considérablement l’action de l’autorité coutumière, les occupations de terres et les installations ayant été réalisées sans l’aval des propriétaires terriens légitimes.
« Les personnes qui se sont installées dans la zone ne sont pas les propriétaires des terres. Les autorisations accordées pour l’occupation ou l’exploitation de ces espaces sont donc irrégulières, tout comme celles délivrées par ceux qui ne détenaient aucun droit foncier sur ces parcelles », a-t-il affirmé.
Face à cette réalité, le chef de canton a plaidé pour une action coordonnée impliquant autorités administratives, politiques, sécuritaires et traditionnelles afin de restaurer l’ordre foncier et lutter efficacement contre l’orpaillage illégal.
« Nous devons unir nos forces pour trouver une solution à cette situation complexe, faute de quoi l’avenir de nos enfants pourrait être compromis », a-t-il souligné, se disant favorable à la proposition du député Yao Albert d’organiser une mission de terrain associant l’ensemble des acteurs concernés.
La rencontre a réuni le corps préfectoral du département, les directeurs régionaux des Mines et de l’Environnement ainsi que les différentes composantes de la population locale.
(AIP)
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