Man, 17 oct 2026 (AIP)-Les résultats du diagnostic de la gestion des déchets solides dans la commune de Man ont été présentés aux autorités administratives, municipales et aux représentants des communautés, mercredi 15 et jeudi 16 octobre 2026 à la préfecture par le cabinet I2E, dans le cadre du Projet de développement durable et inclusif des villes secondaires (PDDIVS).
Le diagnostic fait état de 17 dépotoirs sauvages et d’une décharge non contrôlée de trois hectares à Zélé. Il relève également la dégradation du parc d’équipements affectés à la gestion des déchets, avec environ deux tiers des engins hors service, ainsi que l’insuffisance des effectifs sur le terrain.
Ces constats ont été présentés dans le cadre de l’élaboration du Plan communal de gestion durable et intégrée des déchets solides (PCGDIDS), destiné à organiser les différentes étapes de la filière, de la précollecte à l’élimination, en intégrant le recyclage et la valorisation des déchets.
Selon le spécialiste en gestion des déchets de l’Unité de coordination du PDDIVS, Charle Vanié, cette démarche s’inscrit dans le processus de modernisation de la gestion des déchets engagé par l’État depuis 2018. « Il était donc opportun qu’on vienne à la source pour restituer cela devant les autorités administratives, municipales, de sorte à nous assurer nous-mêmes que le consultant a effectivement pris en compte l’aspiration des autorités locales, des populations », a-t-il expliqué.
L’étude, conduite à partir d’enquêtes de terrain, d’entretiens et de consultations des parties prenantes, a porté sur l’ensemble du périmètre communal, notamment tous les quartiers de Man et les villages relevant de la commune. Un échantillon de 400 ménages, correspondant à un suivi d’environ 1 500 habitants, a permis de caractériser les déchets produits et d’examiner les pratiques de collecte.
Le diagnostic identifie parmi les difficultés le faible taux de collecte, le déficit de financement, l’état des équipements et l’accumulation des déchets dans les dépotoirs sauvages. Il relève également les risques de pollution des sols, de l’eau et de l’air, ainsi que la prolifération de maladies liées à l’insalubrité.
Pour le 4e maire adjoint de Man, Fofana Djakaridja, l’efficacité du futur dispositif dépendra de l’implication des habitants. « Pour que le projet connaisse vraiment un franc succès, c’est de demander à la population de s’approprier le projet, et surtout le plan sommaire de gestion qui sera établi, vraiment permettre que ce plan puisse marcher », a-t-il déclaré.
La représentante de la Fédération Éco Vision, qui regroupe dix ONG intervenant dans la précollecte des ordures, Sia Céline, a également insisté sur la nécessité d’une participation des ménages au système de précollecte que préconise le projet, appelant les populations à éviter de jeter les ordures et favoriser les dépôts sauvages.
Le plan en préparation prévoit notamment le développement d’un système de gestion fondé sur l’économie circulaire, ainsi qu’un dispositif de communication et de sensibilisation destiné à faire évoluer les comportements. Les contributions recueillies auprès des services techniques, des autorités et des organisations communautaires doivent permettre de consolider les orientations proposées.
Présidée par le secrétaire général 1 de la préfecture, Stéphane Guiriga, la rencontre du mercredi a été suivie, jeudi, d’une consultation des chefs coutumiers, des leaders religieux et des responsables d’associations de jeunes et de femmes, dans le cadre de la préparation de l’évaluation environnementale et sociale du projet.
(AIP)
ebd/cmas

