Divo, 23 août 2026 (AIP) – L’Union pour le développement des Èga (UDEGA) organise, du 27 au 29 août 2026 à Dairo-Didizo, la deuxième édition du Festival des arts et de la culture èga (FECA), avec pour ambition de contribuer à la sauvegarde et à la transmission du patrimoine culturel et linguistique de ce peuple de la région du Lôh-Djiboua.
Selon le commissaire général du festival, Dr Gbogbou Abraham, cette manifestation vise à promouvoir la culture, les valeurs et l’identité èga, tout en renforçant la cohésion sociale et la mobilisation communautaire en faveur du développement local.
Placée sous le thème « Ega, dapunueti », qui signifie « Ega, levons-nous » ou « Ega, réveillons-nous », cette deuxième édition entend susciter une prise de conscience collective des filles et fils èga sur la nécessité de préserver et de valoriser leur patrimoine culturel et leur identité.
Le programme prévoit notamment une opération de don de sang, des concours de beauté (« Ogassi bhalè »), de langue et de cuisine èga, ainsi qu’un concours de port du pagne traditionnel. Des prestations d’artistes èga, des danses traditionnelles et des prestations des communautés allogènes sont également prévues.
Une partie de la journée du vendredi 28 août sera consacrée aux activités scientifiques, avec une conférence inaugurale autour du thème central du festival et plusieurs communications.
L’enseignant-chercheur, grammairien et linguiste à l’École normale supérieure (ENS), Dr Gbogbou Abraham, interviendra notamment sur le thème « Patrimoine linguistique èga : quelles stratégies de valorisation à l’ère du numérique ? ».
Le professeur Gnetto Gbakré, de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, développera pour sa part le sous-thème « Qui sont les èga ? », tandis que Loa Salomon présentera l’état d’avancement des travaux de traduction de la Bible en langue èga, autour du thème « La langue èga, la Bible et le numérique ».
Selon Dr Gbogbou, le peuple èga est principalement établi dans l’enclave Divo-Fresco-Guitry. Le festival constitue une initiative visant à préserver une culture et une langue confrontées à un risque de disparition progressive.
À travers le FECA, les organisateurs souhaitent également favoriser la transmission des savoirs et des traditions aux jeunes générations, renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté èga, promouvoir le rôle des femmes dans le développement local et mobiliser les cadres et ressortissants autour des projets de développement.
« Le FECA est un outil de renforcement de Djaka Festival, la faîtière des festivals de la région. Il vient surtout pour faire la promotion du canton èga, amener les Èga à prendre conscience d’eux-mêmes et de leurs valeurs socioculturelles », a expliqué Dr Gbogbou, également membre de Djaka Festival.
La première édition du FECA s’est tenue en 2023. Les organisateurs annoncent désormais une périodicité annuelle de la manifestation.
Les Èga figurent parmi les peuples anciens de Côte d’Ivoire, selon des historiens. Ils sont présents dans 21 villages de la région, dont six dans la sous-préfecture de Divo et 15 dans celle de Dairo-Didizo.
Toutefois, cette communauté connaît progressivement une assimilation au peuple dida, notamment sur le plan linguistique. Dans certains villages èga, la langue dida est désormais davantage parlée que la langue èga, selon les organisateurs.
(AIP)
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