Abidjan,15 oct 2026 (AIP) – L’Abidjan stablecoins Conférence 2026 a mis en lumière, le potentiel des stablecoins pour faciliter les transferts d’argents, réduire les coûts des transactions et renforcer le commerce entre les pays africains ce jeudi 15 octobre 2026, lors de sa première édition à l’hôtel Pullman d’Abidjan- plateau.
Cette rencontre a été consacrée aux possibilités offertes par les stablecoins pour améliorer les paiements transfrontaliers en Afrique, notamment dans les pays francophones, où les transferts d’argent entre États restent souvent coûteux et complexes.
Les échanges ont porté sur les avantages de ces actifs numériques, leur utilisation par les entreprises et les particuliers, ainsi que les conditions nécessaires pour garantir la sécurité des transactions et protéger les utilisateurs contre les risques financiers.
Lors de ces échanges, le premier vice-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, Mohamed Lamine Conté, a souligné que les paiements à l’intérieur des frontières nationales sont devenus plus simples grâce au développement des services financiers numériques, tandis que les transactions entre pays restent confrontées à plusieurs difficultés.
« Payer à l’intérieur de nos frontières devient de plus en plus simple, instantané et peu coûteux. Cependant, payer de l’autre côté de la frontière reste lent, cher et complexe », a-t-il indiqué.
Il a notamment relevé le manque d’interconnexion entre les systèmes de paiement nationaux, les difficultés de conversion des monnaies locales et le recours à des devises intermédiaires, comme le dollar, qui peuvent entraîner des frais supplémentaires et des délais de transfert.
« L’Ivoirien qui est à Abidjan, le Guinéen qui est à Conakry et le Ghanéen qui est à Accra doivent pouvoir commercer sans se déplacer et à travers nos propres monnaies, pas via le dollar », a-t-il expliqué,
Le vice gouverneur a insisté sur l’importance de l’intégration financière en Afrique de l’Ouest. Selon lui, les stablecoins, des jetons numériques conçus pour maintenir une valeur stable par rapport à une monnaie officielle ou à un panier d’actifs, pourraient contribuer à faciliter les transactions entre les entreprises et les populations de différents pays.
Toutefois, M. Conté a appelé à la prudence dans l’utilisation de ces instruments numériques. Il a estimé que leur développement doit s’accompagner de règles précises pour garantir la stabilité de leur valeur, assurer le remboursement des détenteurs et prévenir les activités frauduleuses.
Il a également évoqué des cas de plateformes d’investissement frauduleuses ayant attiré des épargnants en Guinée à travers des promesses de gains rapides, avant de les empêcher de récupérer leurs fonds.
Le responsable de la Banque centrale a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer la réglementation des actifs numériques, la coopération entre les banques centrales et l’échange d’informations entre les autorités financières pour mieux protéger les populations.

De son côté, le directeur commercial de Bitnob, Mosa Issa Char, a présenté les stablecoins comme une possibilité de réduire le nombre d’intermédiaires dans les transferts d’argent et, par a nature même des stablecoins, c’est de pouvoir supprimer tout ce qui est intermédiaire, en termes d’entités, d’organisations, qui engendreraient des coûts additionnels », a-t-il expliqué.
Selon lui, ces actifs numériques pourraient également favoriser les échanges commerciaux entre les pays africains et contribuer à la croissance économique du continent.
« Cela va permettre de réduire les coûts de transfert entre un pays et un autre, et aussi favoriser une sorte de coopération africaine et la croissance économique du continent », a-t-il soutenu.
M. Mosa, a toutefois souligné que l’adoption des stablecoins par les entreprises doit répondre à des besoins précis et tenir compte des exigences juridiques, comptables et de conformité propres à chaque activité. Il a estimé que ces instruments pourraient également favoriser les échanges commerciaux entre les pays africains et contribuer à une meilleure intégration de leurs économies.
Pour lui, leur développement représente une occasion pour les pays africains d’explorer de nouvelles solutions de paiement adaptées à leurs besoins, tout en travaillant à la mise en place de cadres réglementaires appropriés.
Il a également souligné que l’adoption des stablecoins doit répondre à des besoins précis des entreprises et tenir compte des exigences juridiques, comptables et de conformité propres à chaque activité.
Lors de sa présentation, il a mis en avant la rapidité des transactions, la flexibilité des opérations et la possibilité de réduire certains frais de transfert. Il a recommandé aux entreprises souhaitant adopter ces solutions de commencer par des projets pilotes, afin de comparer leurs performances avec celles des moyens de paiement traditionnels.
Les participants ont ainsi relevé que les stablecoins peuvent offrir des perspectives intéressantes pour les paiements transfrontaliers, à condition que leur utilisation repose sur des mécanismes fiables, transparents et adaptés aux réalités.
(AIP)
lef/zaar

