Man, 30 août 2026 (AIP)-Acculées par la pression foncière, des familles s’installent progressivement sur les flancs des montagnes qui entourent Man. Sur ces versants où la forêt recule au profit des habitations, habitants et autorités se retrouvent face à une même réalité : le besoin de logement progresse plus vite que les solutions capables de préserver un patrimoine naturel qui fait l’identité de la ville.
Sous le soleil de la mi-journée, Diébo Edwige remonte lentement un sentier qui serpente entre les maisons du quartier Tia Koné, dans le secteur de Grand Gbapleu. Derrière elle, plusieurs dizaines de mètres de pente. Devant elle, encore quelques marches de fortune taillées dans la terre avant d’atteindre sa concession.
Le trajet est devenu une habitude. Chaque jour, il faut descendre jusqu’au puits situé en contrebas pour s’approvisionner en eau avant de remonter les récipients à la maison.
Essoufflée, elle dépose sa charge à l’ombre d’un mur en banco avant de s’asseoir quelques instants. Autour d’elle, des enfants jouent dans la poussière. Une fumée s’échappe d’un foyer où mijote le repas de midi. Plus bas, la ville de Man apparaît entre les arbres qui subsistent encore sur le versant.

« Je vais me reposer un peu avant de redescendre », souffle-t-elle.
Depuis près de cinq ans, la jeune femme vit ici avec sa mère. Comme beaucoup d’autres habitants du secteur, elle s’est installée sur ce flanc de montagne parce qu’une parcelle y était accessible.
La difficulté d’accès à l’eau ne l’a pas découragée. Pas plus que l’absence de routes ou les longues montées quotidiennes. Pour elle, l’essentiel est ailleurs. « Nous sommes installés ici et personne ne nous a demandé de partir », dit-elle simplement.
À première vue, rien ne distingue cette concession de centaines d’autres habitations de la périphérie de Man. Pourtant, la maison est construite sur un espace où aucune autorisation d’urbanisation n’aurait dû être délivrée. Comme d’autres versants qui encerclent la ville, cette montagne est aujourd’hui gagnée progressivement par les constructions.
Une ville qui grimpe vers les sommets
À mesure que l’on s’élève sur les hauteurs de Grand Gbapleu, les habitations se multiplient. Des toitures en tôle scintillent sous le soleil. Des fils électriques traversent les concessions. Le paysage raconte à lui seul la progression de l’urbanisation.
Man a toujours vécu au pied des montagnes qui constituent l’un de ses principaux attraits touristiques et l’un des symboles les plus connus de la région du Tonkpi. Mais au fil des années, la croissance de la ville a fini par pousser les habitations vers les hauteurs. Faute d’espace dans les zones planes et face à la hausse du coût du foncier, de nombreuses familles se sont tournées vers les versants. Le phénomène est visible à Grand Gbapleu, Mistro et dans plusieurs autres quartiers.
Là où s’étendaient autrefois des espaces boisés apparaissent désormais des habitations, des cultures et des pistes ouvertes à flanc de montagne.
Sous un abri de fortune, le bruit régulier d’un métier à tisser rompt le silence. Assis devant son ouvrage, Gouessé Amed observe le mouvement de la ville depuis les hauteurs. Le jeune homme a grandi dans ce quartier.
Pour lui, la présence des habitations sur la montagne n’a rien d’inhabituel. « Nos parents vivaient déjà ici », explique-t-il.
Lorsqu’il évoque les raisons qui poussent les familles à s’installer sur les versants, sa réponse est immédiate : « Les terrains coûtent chers en bas. Beaucoup de gens n’ont pas les moyens », martèle-t-il.
Le coût du foncier apparaît comme l’une des principales explications de l’occupation progressive des montagnes. Pour certaines familles, ces espaces représentent parfois la seule possibilité d’accéder à une parcelle.
Gouessé Amed reconnaît avoir déjà entendu les mises en garde concernant les risques liés à ces installations. Mais, comme plusieurs habitants rencontrés, il relativise.
« Nous vivons ici depuis longtemps. S’il doit arriver quelque chose, c’est Dieu qui décide », finit-il par se convaincre.
Puis son regard se tourne vers les habitations qui s’étendent autour de lui. « Si on nous demande de partir, où allons-nous aller ? », interroge-t-il.
Derrière chaque maison construite sur ces pentes se cache une famille qui cherche avant tout un lieu où vivre.
Le refuge des exclus du foncier

À Mistro, Dan Francis observe la transformation de la montagne depuis plusieurs décennies. Le sexagénaire se souvient d’une époque où les versants étaient davantage couverts d’arbres. Aujourd’hui, il voit apparaître de nouvelles habitations là où se trouvait autrefois la végétation.
Selon lui, l’explication est avant tout économique. « Avec une petite somme, certains arrivent à obtenir un espace ici. Ailleurs, les prix ne sont pas les mêmes », précise-t-il.
Pour de nombreuses familles, la montagne est devenue un refuge. Un refuge précaire, mais accessible. Au fil des années, cette réalité a contribué à transformer progressivement le visage des versants.
Des espaces autrefois boisés accueillent désormais des maisons construites sans véritable plan d’aménagement. Les passages sont parfois si étroits qu’ils compliquent l’accès aux véhicules.
L’absence de voies adaptées constitue d’ailleurs l’une des préoccupations évoquées par plusieurs habitants.
M. Dan se souvient également d’un épisode qui continue d’alimenter les conversations dans le quartier. Après une forte pluie, un bloc rocheux s’était détaché de la montagne avant de terminer sa course contre une maison en construction.
Aucune victime n’avait été enregistrée. Mais l’incident avait rappelé à plusieurs habitants que le relief qui les accueille peut aussi représenter un danger. Malgré cela, les constructions ont continué. Parce qu’entre le risque évoqué par les spécialistes et le besoin immédiat de se loger, beaucoup de familles font leur choix en fonction des réalités du quotidien.
Au sommet comme sur les pentes, les arbres disparaissent. La roche apparaît davantage. Les traces de défrichement se multiplient. Pour les services techniques de l’État, ces transformations constituent autant de signaux qui appellent à la vigilance.
Quand la montagne perd sa forêt
Depuis les hauteurs de Grand Gbapleu, la vue porte loin. Les toitures de Man s’étalent dans la vallée. Les routes serpentent entre les quartiers. Au loin, les montagnes continuent de dessiner l’horizon qui a fait la réputation de la ville. Mais lorsqu’on quitte le panorama pour regarder le sol, le décor change.

À plusieurs endroits, la végétation a cédé la place à des maisons. Certaines pentes portent les marques du défrichement. Ailleurs, des roches autrefois dissimulées sous le couvert végétal apparaissent désormais à ciel ouvert.
Pour les habitants rencontrés sur les hauteurs, ces changements sont devenus presque ordinaires. Pour les spécialistes de l’environnement, ils constituent au contraire des signaux d’alerte.
« Les montagnes de Man sont fragiles », résume le directeur régional des Eaux et Forêts du Tonkpi, le colonel Djan Yapo Evariste.
Depuis plusieurs années, ses services observent une progression des occupations sur différents versants de la commune. À ses yeux, le problème ne se limite pas à la présence de nouvelles habitations. C’est l’ensemble de l’écosystème qui se transforme progressivement.
« Chaque fois qu’un arbre disparaît, c’est une partie de la protection naturelle de la montagne qui disparaît également », explique-t-il.
Les racines jouent un rôle essentiel dans la stabilisation des sols. Elles limitent le ruissellement des eaux de pluie et réduisent les phénomènes d’érosion. Lorsque la végétation recule, les pentes deviennent plus vulnérables. À chaque saison des pluies, les eaux emportent davantage de terre vers les quartiers situés en contrebas.
Pour les spécialistes, ce processus s’installe souvent lentement, presque imperceptiblement, avant de produire des conséquences visibles plusieurs années plus tard.
Une montagne qui se transforme par petites touches
Sur le terrain, les changements ne sautent pas toujours aux yeux. Ils apparaissent plutôt comme une succession de petites transformations. Une maison construite ici. Un arbre abattu là. Une nouvelle parcelle défrichée un peu plus haut. Un sentier élargi pour permettre le passage de matériaux de construction.
Pris isolément, chacun de ces actes paraît anodin. Additionnés les uns aux autres, ils modifient progressivement le paysage.
À Grand Gbapleu comme à Mistro, plusieurs habitants reconnaissent que la montagne est aujourd’hui moins boisée qu’autrefois.
Dan Francis fait partie de ceux qui ont vu cette évolution. Le sexagénaire se rappelle une époque où les arbres occupaient une place beaucoup plus importante sur les versants. « Avant, c’était plus vert », résume-t-il.
Le constat est partagé par plusieurs responsables administratifs. Pour eux, la pression exercée sur les montagnes résulte de plusieurs phénomènes : l’urbanisation, certaines activités agricoles, le prélèvement de bois et, dans certains secteurs, le concassage artisanal de pierres.

Aucun de ces facteurs ne suffit à lui seul à expliquer la situation. Mais leur combinaison accélère la transformation des versants.
Le jour où la montagne a parlé
À Mistro, un souvenir revient régulièrement dans les conversations. Les habitants évoquent encore ce jour où un bloc rocheux s’est détaché de la montagne après une forte pluie. La pierre a terminé sa course contre une maison en construction. Il n’y a pas eu de victime. Le bâtiment n’était pas encore occupé. L’événement a néanmoins marqué les esprits.
Pour les spécialistes, cet épisode illustre les risques liés à la dégradation des pentes.
L’eau de pluie s’infiltre dans les fissures naturelles des roches. Avec le temps, ces fissures s’élargissent sous l’effet des variations de température et de l’humidité. Certains blocs finissent alors par se détacher.
« Nous avons déjà enregistré des dégâts matériels », rappelle le colonel Djan Yapo Evariste.
Pour lui, l’absence de victime lors de cet incident ne doit pas conduire à minimiser le danger. Les risques existent. Ils concernent d’abord les populations installées sur les versants, mais également les quartiers situés en contrebas.
Car lorsqu’une montagne perd progressivement sa couverture végétale, ce ne sont pas seulement les habitants des hauteurs qui sont exposés.
« Le danger ne se voit pas toujours »
Le directeur régional de l’Environnement du Tonkpi, Klé Blé Sébastien, observe le phénomène sous un autre angle. Selon lui, les conséquences de l’occupation des flancs de montagnes dépassent largement la question des constructions.
L’érosion des sols, les glissements de terrain, les chutes de pierres, les inondations et la disparition progressive de certains habitats naturels figurent parmi les effets redoutés. « Le danger ne se voit pas toujours immédiatement », explique-t-il.

C’est précisément ce qui complique la sensibilisation. Pour de nombreux habitants, l’absence d’accident majeur récent est souvent perçue comme la preuve que la situation reste sous contrôle.
Sur les hauteurs de Grand Gbapleu, plusieurs personnes interrogées disent ainsi vivre sur la montagne depuis des années sans avoir été directement confrontées à une catastrophe. Cette perception contraste avec celle des experts.
Eux raisonnent sur le long terme. Ils observent l’évolution du relief, la disparition du couvert végétal et l’occupation progressive des espaces protégés. Leurs inquiétudes portent moins sur la situation actuelle que sur ce qu’elle pourrait devenir dans les années à venir si aucune mesure durable n’est prise.
Une ville face à ses propres limites
À mesure que les entretiens se succèdent, une idée revient avec insistance. Les autorités ne contestent pas les difficultés rencontrées par les familles installées sur les versants. Elles reconnaissent la pression foncière qui s’exerce sur Man.
Elles admettent que l’accès à une parcelle aménagée demeure difficile pour de nombreux ménages. Mais elles estiment également que la poursuite des constructions sur les montagnes déplace simplement le problème.
Aujourd’hui, les habitants cherchent un toit. Demain, préviennent les spécialistes, la ville pourrait devoir faire face à des risques plus importants.
Entre ces deux réalités, l’équation devient complexe. Car empêcher les constructions est une chose. Offrir des alternatives aux familles concernées en est une autre. Un dilemme qui se retrouve aujourd’hui au cœur de l’action des autorités locales.
Entre la nécessité de protéger les montagnes et celle de répondre aux besoins de logement, la marge de manœuvre apparaît étroite. Et malgré les textes qui encadrent ces espaces, les nouvelles habitations continuent d’apparaître sur les hauteurs.
Pourquoi les interdictions peinent-elles à freiner le phénomène ?
La loi face à la réalité : pourquoi les constructions continuent malgré les interdictions
Dans les bureaux des administrations chargées des questions de l’environnement, des eaux et forêts et de l’urbanisme, le constat est connu depuis plusieurs années.
Les flancs des montagnes de Man ne sont pas des espaces destinés à l’habitation. La réglementation est claire.
Le décret n°2021-583 du 6 octobre 2021 relatif à la gestion des zones écologiquement sensibles classe les flancs de montagnes parmi les espaces à protéger. Toute occupation ou activité susceptible de les dégrader y est encadrée, voire interdite. Les sanctions prévues sont lourdes.
Pourtant, sur le terrain, les constructions se poursuivent. Comment expliquer qu’un phénomène unanimement dénoncé par les autorités continue de progresser ?
Pour le directeur régional de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme du Tonkpi, Claude Tahourou, la réponse est sans ambiguïté. Les habitations construites sur ces versants ne disposent d’aucune autorisation administrative.
« Aucun permis de construire n’est délivré pour ces zones », rappelle-t-il. Autrement dit, les familles qui s’installent sur les hauteurs le font en dehors du cadre légal. Mais derrière cette affirmation se cache une réalité plus complexe que ne le laisse penser la simple lecture des textes.
Quand le terrain précède l’administration
À Grand Gbapleu comme à Mistro, aucun des habitants rencontrés n’a évoqué une quelconque autorisation administrative. Tous racontent à peu près la même histoire. Une parcelle obtenue auprès d’une famille détentrice de droits coutumiers. Un accord conclu localement. Puis la construction progressive d’une maison, parfois en matériaux précaires ou en dure selon les moyens disponibles.
Dans ces quartiers perchés sur les pentes, la logique administrative semble souvent arriver après la logique foncière. Les occupants considèrent avoir acquis un terrain. Les services techniques considèrent qu’il s’agit d’une occupation irrégulière.
Entre les deux, un fossé s’est progressivement creusé. Pour les autorités, l’une des difficultés réside précisément dans cette perception. Beaucoup de familles estiment avoir agi de bonne foi. Elles ont payé un terrain. Elles y ont investi leurs économies. Certaines y vivent depuis plusieurs années.
Dès lors, leur demander de partir sans solution alternative apparaît particulièrement délicat.
Les chefs de quartier en première ligne
Dans plusieurs secteurs concernés, les chefs de communautés et les responsables de quartiers sont régulièrement sollicités pour relayer les messages de sensibilisation. Ils se retrouvent souvent dans une position inconfortable.
D’un côté, ils connaissent les difficultés des familles qui cherchent un terrain pour construire. De l’autre, ils entendent les alertes répétées des services techniques sur les risques liés à l’occupation des versants.
Selon plusieurs responsables communautaires rencontrés dans le cadre des investigations, les campagnes de sensibilisation permettent d’informer les populations, mais elles ne suffisent pas toujours à modifier les comportements. La raison revient constamment dans les discussions : l’absence d’alternative.
Lorsqu’une famille dispose de ressources limitées et qu’une parcelle lui est proposée à un coût accessible sur une pente, le discours sur les risques futurs pèse souvent moins lourd que l’urgence de se loger.
Les chefs communautaires disent ainsi se retrouver face à une réalité qu’ils ne maîtrisent pas toujours. Ils sensibilisent. Ils alertent. Mais ils ne peuvent pas répondre à la question qui revient le plus souvent : « Si nous ne construisons pas ici, où allons-nous vivre ? »
Une équation sociale avant d’être sécuritaire

À la mairie de Man, cette interrogation est prise au sérieux. Le premier adjoint au maire, Ouattara Dramane, reconnaît que le phénomène ne peut être abordé uniquement sous l’angle de la répression.
Pour lui, la ville fait face à un défi qui dépasse la seule question environnementale. Il touche également au logement et à l’aménagement urbain. La municipalité a engagé plusieurs actions de sensibilisation au fil des années.
Des séances d’information ont été organisées avec les services techniques de l’État. Des opérations de reboisement ont été conduites sur certains sites. Des échanges ont également été menés avec des acteurs vivant de l’exploitation des montagnes.
Mais malgré ces efforts, les constructions continuent. « Nous sommes préoccupés par cette situation », reconnaît l’élu municipal.
Pour lui, la réponse passe nécessairement par une action coordonnée entre plusieurs acteurs, notamment, la mairie, l’État, les services techniques, les communautés et les populations elles-mêmes.
Le dilemme du recasement
Plus les investigations avancent, plus un obstacle apparaît clairement. Tout le monde parle de protéger les montagnes. Mais dès que la question du départ des occupants est évoquée, les solutions deviennent moins évidentes.
Le colonel Djan Yapo Evariste résume cette difficulté en quelques mots. « On ne peut pas demander à des familles de partir sans envisager leur recasement », relève-t-il.
Les autorités reconnaissent les risques mais elles savent aussi que derrière chaque maison se trouvent des hommes, des femmes et des enfants. Certaines familles ont investi toutes leurs économies dans leur habitation. D’autres n’ont simplement aucun autre endroit où aller.
Dans ces conditions, une application brutale de la loi pourrait créer un nouveau problème social. L’inaction, à l’inverse, laisse progresser un phénomène que les spécialistes jugent préoccupant.
Une course contre le temps
Pendant que les réflexions se poursuivent, la montagne continue de changer. De nouvelles habitations apparaissent. De nouveaux espaces sont défrichés. De nouveaux habitants arrivent. Le phénomène avance discrètement, sans bruit particulier. Maisons après maisons. Parcelles après parcelles.
C’est cette progression lente qui inquiète le plus les spécialistes parce qu’elle rend les transformations presque invisibles au quotidien. Et parce qu’au moment où leurs conséquences deviennent évidentes, il est souvent déjà difficile de revenir en arrière.
À Man, les autorités savent désormais que la question ne se limite plus à quelques constructions isolées. Elle concerne l’avenir même des montagnes qui entourent la ville. Et plus le temps passe, plus les décisions à prendre deviennent complexes.
Les montagnes de Man à la croisée des chemins
En gravissant les hauteurs de Grand Gbapleu, il est difficile d’imaginer que ces versants figurent aujourd’hui parmi les principales préoccupations des autorités locales.
La vie y suit son cours. Des femmes préparent le repas devant leurs concessions. Des enfants jouent dans les ruelles. Des artisans travaillent sous des abris de fortune. À certains endroits, des câbles électriques serpentent entre les habitations. Ailleurs, des bidons d’eau attendent d’être transportés depuis les points d’approvisionnement situés plus bas. Tout donne l’impression d’un quartier comme les autres.
Pourtant, derrière cette apparente normalité, les spécialistes observent une évolution qui les inquiète. Les montagnes qui entourent Man ne constituent pas seulement un décor. Elles jouent un rôle dans l’équilibre environnemental de la ville. C’est pourquoi les autorités parlent aujourd’hui de protection autant que d’urbanisation.
Reboiser pour ralentir la dégradation

Pour les services des Eaux et Forêts, la première réponse passe par la restauration des espaces déjà dégradés. Au cours des dernières années, plusieurs initiatives de reboisement ont été engagées sur certains versants. L’objectif est de redonner progressivement à la montagne une partie de sa couverture végétale afin de stabiliser les sols et de réduire les risques d’érosion.
Selon le directeur régional des Eaux et Forêts du Tonkpi, des actions pilotes ont déjà été menées sur certains sites et les autorités souhaitent poursuivre ces efforts.
Pour les forestiers, le reboisement ne constitue toutefois qu’une partie de la solution. Même les programmes les mieux conçus risquent de produire peu d’effets si les occupations continuent à progresser au même rythme.
La protection des montagnes passe donc également par la prévention. Les campagnes de sensibilisation menées dans les quartiers, les écoles, les communautés et les médias locaux s’inscrivent dans cette logique. L’objectif est de convaincre avant d’être contraint d’intervenir.
Penser le logement en même temps que l’environnement
Les investigations menées dans le cadre de cette enquête montrent cependant que la sensibilisation, à elle seule, ne suffira probablement pas. Tous les acteurs interrogés reviennent sur la même réalité : la pression foncière.
À Man, de nombreuses familles accèdent aux flancs des montagnes parce qu’elles ne trouvent pas de solutions adaptées ailleurs. Cette situation conduit progressivement plusieurs responsables à considérer la question comme un problème de logement autant que d’environnement.
À la mairie, l’idée d’un accompagnement des populations revient régulièrement dans les discussions. Les autorités locales reconnaissent que la protection durable des montagnes passera aussi par l’identification d’alternatives capables de répondre aux besoins des ménages les plus modestes.
Car tant que la montagne apparaîtra comme l’un des rares espaces encore accessibles à certaines familles, les constructions risquent de se poursuivre.
Une responsabilité partagée

Au terme de plusieurs semaines d’investigation, une évidence se dégage. Aucun acteur ne peut, à lui seul, inverser la tendance. Les services techniques disposent de l’expertise. La mairie conduit les actions de proximité. Les chefs de communautés et les responsables de quartier relaient les messages de sensibilisation. Les populations sont les premières concernées.
Même les détenteurs de droits coutumiers apparaissent en arrière-plan de cette problématique, à travers les transactions foncières qui continuent d’alimenter les installations sur les versants.
La situation résulte d’un ensemble de décisions individuelles qui, mises bout à bout, produisent aujourd’hui un phénomène collectif. C’est précisément ce qui rend sa résolution particulièrement complexe.
Entre urgence et patience
Les autorités savent que le temps joue contre elles. Chaque nouvelle saison des pluies accentue l’érosion sur certaines pentes. Chaque nouvelle construction réduit un peu plus les espaces naturels disponibles mais elles savent aussi qu’une solution durable ne pourra pas être imposée du jour au lendemain.
Le défi consiste désormais à trouver un équilibre entre la protection d’un patrimoine naturel et les besoins de populations confrontées à des difficultés d’accès au logement. À Man, cette équation reste entière.
En quittant les hauteurs de Grand Gbapleu et de Mistro en fin d’après-midi, les bruits de la ville remontent progressivement depuis la vallée.
Sur les pentes, les dernières lueurs du jour se reflètent sur les toitures en tôle disséminées entre les arbres. Plus bas, la ville de Man poursuit son expansion. Plus haut, d’autres parcelles attendent encore leurs futurs occupants.
L’enquête menée auprès des habitants, des spécialistes de l’environnement, des forestiers, des urbanistes et des autorités municipales montre que personne n’ignore désormais les enjeux liés à l’occupation des flancs des montagnes.
Les risques sont connus. Les textes existent. Les campagnes de sensibilisation se poursuivent mais la pression foncière continue de pousser des familles vers ces espaces. À travers les montagnes qui l’entourent, Man se trouve aujourd’hui face à une question qui dépasse largement le cadre de l’urbanisme.
Comment continuer à grandir sans compromettre ce qui fait son identité ?
(AIP)
Une enquête de Delphin EHUI, Chef du bureau régional de Man
ENCADRÉ 1
Ce que risquent les habitants installés sur les flancs de montagnes
Construire sur les flancs des montagnes expose les populations à des dangers que les spécialistes jugent réels. Avec la disparition progressive du couvert végétal, les sols deviennent plus vulnérables à l’érosion et retiennent moins les eaux de pluie. Cette situation favorise le ruissellement vers les quartiers situés en contrebas et accroît les risques d’inondation.
Les experts évoquent également la possibilité d’éboulements rocheux sur certaines pentes fragilisées. À Mistro, un bloc rocheux s’était déjà détaché de la montagne après une forte pluie, causant des dégâts matériels sans faire de victime.
À ces menaces s’ajoutent les difficultés d’accès pour les secours ainsi que les risques liés aux installations réalisées en dehors des normes d’aménagement. Pour les services techniques, l’absence de catastrophe majeure ne signifie pas que le danger n’existe pas. Ils estiment au contraire que la fragilisation progressive des versants pourrait produire des conséquences plus importantes si aucune mesure n’est prise pour freiner l’occupation de ces espaces.
ENCADRÉ 2
Ce que dit la loi
Le décret n°2021-583 du 6 octobre 2021 relatif à la gestion des zones écologiquement sensibles classe les flancs de montagnes parmi les espaces bénéficiant d’une protection particulière. Ces zones sont considérées comme essentielles à la préservation des équilibres écologiques. Les constructions et activités susceptibles de les dégrader y sont interdites ou strictement encadrées. Les contrevenants s’exposent à des sanctions pouvant aller d’une peine d’emprisonnement de un à cinq ans et à des amendes de cinq à cinquante millions de francs CFA. Malgré ce dispositif réglementaire, les autorités reconnaissent que l’application de la loi reste confrontée à des défis sociaux, notamment la question du logement et du recasement des populations déjà installées sur ces espaces.
Côte d’Ivoire-AIP/ Occupation des flancs de montagnes à Man : « Les populations s’exposent à des risques énormes » (Colonel Djan Yapo Evariste) – INTERVIEW
Man, 28 août 2026 (AIP)-Le directeur régional des Eaux et Forêts du Tonkpi, le colonel Djan Yapo Evariste, alerte sur les risques environnementaux, sécuritaires et humains liés à l’occupation des flancs de montagnes dans la ville de Man, où la dégradation du couvert végétal et la multiplication des constructions anarchiques fragilisent des zones écologiquement sensibles et exposent les populations à divers dangers. Au cours d’un entretien, accordé, jeudi 23 avril 2026 à l’AIP, il évoque l’état actuel des montagnes de Man, les menaces qui pèsent sur ces espaces protégés, les difficultés d’application de la réglementation ainsi que les solutions envisagées pour freiner leur dégradation.
1/ Comment décririez-vous aujourd’hui l’état des montagnes et des flancs de montagnes de la ville de Man ?
Nous sommes dans l’Ouest montagneux qui se caractérise par un relief accidenté, et ce relief accident généralement quand vous le constatez, est spectaculaire mais malheureusement qui est très fragile. Il y a quelques montagnes qui ont, quand même, des vues en panoramique qu’il est important de signaler, notamment le mont Tonkpi qui est beau à voir, la dent de Man qui est également un relief qui cumule une altitude qui est très beau à voir. Malheureusement ces flancs de montagnes sont aujourd’hui un peu dégradés et il est bon de le signaler, puisque la forêt qui autrefois donnait cette belle vue se retrouve un peu dénudée (parlant des montagnes) et donc il est important que nous puissions mener des actions pour pouvoir les restaurer. A des périodes de saison pluvieuse, ces montagnes-là sont verdoyant et cela parait très beaux à voir. Malheureusement il y a des endroits sur ces flancs de montagnes qui sont occupés de façon anarchique et qui laissent transparaitre des risques énormes.
2/ Avez-vous constaté une augmentation de l’abattage de bois et des constructions sur ces zones ces dernières années ?
La tendance dépend de là où nous nous situons. En fonction des actions que nous menons, nous pouvons dire que cette tendance est en baisse vue la sensibilisation que nous portons. Malheureusement sur le terrain, il y a des endroits auxquels nous n’avons pas accès, où, le phénomène de sciage à façon ou sciage clandestin continu et cela fait en sorte que toutes ces zones-là se retrouvent un peu déforestées, mais nous faisons des actions pour que nous puissions atténuer ce phénomène de sciage à façon. Mais il n’y a pas que ça. Vous savez, il y a des occupations agricoles sur les flancs des montagnes qui en réalité se font au détriment de la forêt. Si des parties sont donc déboisées pour faire de l’agriculture cela constitue un recul de la végétation, un recul de la forêt sur ces flancs des montagnes. Mais cela va de pair parce que nous sommes dans une zone où véritablement la terre se fait rare et donc les gens s’installent comme ils peuvent et de façon pas régulée (…). L’exploitation illégale, anarchique contribuent à la déforestation au niveau du domaine rural. Au niveau du domaine urbain (commune de Man) à l’intérieur de la ville nous avons des flancs des montagnes des montagnes et des flancs de montagnes qui sont également dénudés, qui sont occupés par des installations anarchiques qui malheureusement endommages nos flancs de montagnes. Mais le constat il clair, les gens continuent de s’installer qu’en bien même que nous sommes en train de les sensibiliser, et nous sommes en train de prendre des mesures idoines avec les autorités locales, notamment, la mairie pour que nous puissions freiner l’avancée de ces installations anarchiques sur ces flancs de montagnes où les populations en cours grands risques.
3/ Quels sont les principaux risques environnementaux liés à la destruction du couvert végétal sur les montagnes de Man ?
Les risques environnementaux sont énormes. Vous savez, comme je l’ai dit d’abord, se sont des zones écologiquement sensibles. Quand on dit zone écologiquement sensible, ce sont des zones de protection, ce sont des zones qui contribuent à stabiliser les sols. La forêt contribue à stabiliser les sols qui sont sur les flancs des montagnes. Dès lors que la forêt est dégradée, les sols sont exposés à tous les risques d’érosion. Or lorsqu’il y a érosion, vous allez voir qu’il y a le sol qui est lessivé donc pour l’agriculture ça devient difficile. L’eau qui ruisselle en cas de pluie va se retrouver totalement en bas et va contribuer à ce qu’on appelle des inondations du fait des installations anarchiques sur les flancs des montagnes, et c’est n’est pas bon pour les populations puisqu’il y a de ces populations qui sont bien installées en amont ou en aval.
Et ici à Man vous avez constaté avec nous plusieurs cas d’inondations dans les quartiers dues à la déforestation sur les flancs des montagnes. Il n’ y a pas que ça hein, vous savez que tout ce qui ruisselle vient encore dans le lit des cours d’eau et cela vient polluer les cours d’eau. Vous savez tous ceux qui font l’agriculture sur les flancs des montagnes utilisent les produits phytosanitaires et autres. Alors s’il n’y a plus de végétation pour pouvoir freiner ou bloquer l’érosion, vous allez vous rendre compte que tout ce qui est produit, avec les eaux de ruissellement va se retrouver dans les lits des cours d’eau et entrainer la pollution du milieu aquatique, j’allais dire du milieu marin.
4/ Peut-on parler aujourd’hui d’un risque réel de glissements de terrain ou d’éboulements dans certaines zones habitées ?
Oui, je crois qu’il y a de cela quelques mois, on a entendu une grande détonation qui a défrayé la chronique même si c’est vrai que par la suite, on n’a pas eu grand écho mais cela a occasionné tout même quelques dégâts dans des maisons (…). Je voulais tout simplement dire que lorsque vous exploitez des flancs des montagnes, lorsque vous concassez les granites qui sont en bas, vous dénaturez la structure de la roche. Vous exposez le sol aux aléas climatiques avec tout ce que nous avons comme les effets néfastes du changement climatique. Actuellement on le constate hein, il fait terriblement chaud à Man alors qu’avant en réalité ce n’était pas le cas, parce que nous avons dégradé nos forêts et nous avons exposés nos montagnes aux aléas du climat, au point où, il peut s’avérer qu’en fonction de certains paramètres, il peut avoir des glissements de terrains, des éboulements de blocs rocheux qui sont suspendus au sommet de ces roches. Vous savez, avec ce que nous appelons la dilation thermique. Quand il pleut l’eau ruisselle et s’infiltre dans les fissures qui sont laissées par les roches. Lorsque ces fissures-là reçoivent l’eau, avec les changements de températures cela crée ce qu’on appelle la dilatation thermique qui provoque un élargissement des fissures, qui arrive à dénaturer des blocs rocheux qui sont suspendus et les faire dégringoler. Et c’est le cas ici où nous avons eu quelques éboulements de blocs rocheux qui ont occasionné quelques dégâts. C’est vrai, on peut se réjouit qu’il n’ait pas eu de dégâts en termes de perte en vie humaine, mais il y a eu des dégâts matériels importants. Donc il est important que nous puissions prendre toutes les dispositions à l’effet de pouvoir stabiliser ces blocs rocheux à travers des opérations de reboisements et de restauration des flancs des montagnes.
5/ Les populations qui habitent sur ces flancs mesurent-elles réellement les dangers auxquels elles s’exposent ?
C’est justement notre rôle. Les populations ne savent pas les dangers encourus. Elles sont simplement à la recherche de terrain pour pouvoir s’installer, donc elles le font de façon anarchique. Mais nous, notre rôle en tant qu’environnementaliste, forestier, c’est de les sensibiliser, les informer des risques. C’est pourquoi nous faisons des séances de sensibilisations, nous faisons des conférences et nous associons à ces conférences, les autorités. Tant que nous n’avons pas l’appui des autorités locales, notamment, le maire, le conseil régional et même le roi, nous ne pouvons pas agir seul.
C’est pourquoi nous faisons en sorte de pouvoir fédérer nos efforts à l’effet, non seulement de sensibiliser les populations sur les risques encourus en s’installant sur les flancs des montagnes, mais en même temps, faire en sorte que nous puissions poser des actions concrètes c’est-à-dire faire une démarcation entre la limite habitable et la limite qui est au-delà des flancs des montagnes.
Tous ceux qui seront installés au-delà de la limite il est question de pouvoir les déguerpir. Mais vous savez dans le cas des droits de l’homme lorsque vous déguerpissez des populations, il est important de pouvoir les reloger, les recaser. Donc c’est pourquoi nous sommes en train de concevoir un projet que nous avons appelé le projet de reboisement des flancs de montagnes à l’effet de pouvoir déguerpir non seulement ceux qui au-delà de la ligne de démarcation, mais en même temps poser des actions de reboisement. La nature ayant horreur du vide, si nous déguerpissons des populations, il est important que nous puissions reboiser.
Vous allez constater dans la ville de Man qu’il y a des endroits qui ont été reboisés dans le cadre du projet reboisement des flancs de montagnes dans sa phase pilote qui a été effectuée de 2015 à 2020, et ces zones ont été stabilisées. Malheureusement depuis que, le projet a pris fin, nous n’avons pas les moyens pour pouvoir atteindre notre objectif c’est pourquoi, nous avons redimensionné ce projet et grâce à la convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie, nous avons élaboré un autre projet qui concerne ne serait-ce que la commune de Man pour pouvoir restaurer les flancs des montagnes. Et là nous sommes à la phase de recherche de financements pour pouvoir opérationnaliser ce projet qui va nous permettre de stabiliser nos flancs de montagnes, nos zones écologiquement sensibles, parce qu’il n’est pas question d’attendre à ce qu’il y ait mort d’homme avant d’agir. J’ai parlé des éboulements mais en plus de ça il y a tout ce qui est risque sécuritaire je veux parler des branchements anarchiques d’électricité, des vols et tout ça. Donc il est important d’agir au plus tôt.
6/ Que prévoit la réglementation ivoirienne en matière de protection des montagnes et des zones à forte pente ?
Il y a une loi qui protège les flancs des montagnes. Vous avez le décret 2021-583 du 6 octobre 2021 fixant les modalités de gestion et d’usage des zones écologiquement sensibles, qui interdit la construction formellement la construction sur les flancs des montagnes. Il y a des pénalités et sanctions qui sont prévues à cet effet, à l’instar de l’article 99 alinéa 2 qui stipule que, quiconque déboise les mangroves, les zones humides, les flancs de montagnes, ou toutes autres zones écologiquement sensibles, est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amande cinq millions à cinquante millions de franc CFA ou une de ces deux peines.
7/ Pourquoi, malgré l’existence des textes, ces pratiques persistent-elles à Man ?
Vous êtes d’accord avec moi qu’il y a la loi, mais il y a l’application de cette loi. Les textes existent mais c’est l’applicabilité qui pose problème dans la mesure où, ces populations qui sont installées sur ces flancs de montagnes, ce sont des hommes, des femmes, des familles. Alors dès lors que nous avons affaire à des hommes, parce que la politique nous menons comme je l’ai dit, est faite pour les hommes, le développement est fait pour les familles, les populations. Donc il n’est pas question de vouloir déguerpir des familles sans toutefois trouver des voies et moyens de recasement.
C’est pourquoi dans le cadre ce projet que nous avons initié, nous avons mis en avant le fait de pouvoir reloger tous ceux qui seront déguerpis.
Mais ce qu’il faut retenir comme je l’ai dit, ce sont des familles qui sont installées. Or vous savez que nous, nous ne sommes pas politiques, nous sommes des techniciens. On peut vouloir appliquer la loi coûte que coûte, mais cela impacte la population et bien entendu les activités des hommes politiques notamment les élus qui ne nous facilitent pas souvent la tâche.
Maintenant il est important que nous puissions avoir l’adhésion totale de toutes ces autorités locales, pour qu’ensemble nous puissions parler d’une même voix. Et là, je peux vous rassurer que nous sommes dans cette logique. Aujourd’hui, avec toute la sensibilisation que nous avons menée, en tout cas les autorités sont d’accord avec nous qu’il faille quelque chose pour pouvoir adresse cette question d’occupation anarchique des flancs des montagnes, qui continue malheureusement à notre corps défendant.
8/ Quel message souhaitez-vous adresser aux populations qui continuent de construire sur les flancs de montagnes ?
Le message c’est celui que nous avons toujours donné. Il faut que les populations sachent qu’il n’est pas question d’agresser les flancs des montagnes, que ce soit pour les cultures, que ce soit pour les habitations. Les flancs des montagnes sont des zones de protection, je le dis et je répète, ce sont des zones écologiquement sensibles. Aujourd’hui il ne faudrait pas que nous perdions de vue que le changement climatique est une réalité qui est dû aux actions anthropiques que nous menons, aux actions des hommes. Donc il est important que nous puissions nous remettre en cause pour que véritablement nous puissions prendre des décisions idoines pour freiner les effets néfastes et pervers du changement climatique. Et parmi ces actions, d’abord c’est la prise de conscience individuelle et collective. Il faudrait que chacun comprenne la nécessité de se remettre en cause pour adopter un comportement écocitoyen, un comportement respectueux de la nature. L’environnement doit être respecté. Il faudrait que chacun puisse comprendre cela et une fois qu’individuellement cela est compris, collectivement nous pouvons mener des actions. La forêt étant dynamique, la forêt étant une ressource renouvelable, même si elle est dégradée on peut la restaurer, la reconstituer. Si donc chacun est conscient de cette nécessité de reboiser à son humble niveau, vous allez voir qu’à grande échelle nous pouvons atteindre l’objectif. Donc; je voudrais lancer encore un appel à la population de façon globale et à la population de Man singulièrement, pour que les flancs des montagnes soient préservés, restaurés et il y va de leur sécurité, de leur survie.
(AIP)
Réalisée par Delphin EHUI, Bureau régional de Man
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