Niakara, 30 août 2026 (AIP) – La répétition des accidents de la circulation, dont plusieurs mortels, sur la Nationale A3, corridor reliant la Côte d’Ivoire aux pays du Nord, suscite une inquiétude croissante dans le département de Niakara, où un nouvel accident a fait cinq morts et neuf blessés graves, vendredi 28 août 2026, entre Niakara et Tafiré, dans la région du Hambol.
Le drame s’est produit vers 05 h à environ 33 kilomètres de Niakara. Un car de transport en commun, en provenance du Burkina Faso, a effectué une sortie de route suivie d’une chute. Les circonstances exactes de l’accident n’étaient pas encore connues au moment de la rédaction de cette dépêche.
Ce nouvel accident vient s’ajouter à une série de sinistres meurtriers enregistrés ces dernières années sur cet axe, notamment dans le centre-nord du pays. Le 6 septembre 2024, 13 personnes avaient péri dans l’incendie d’un véhicule sur l’axe Niakara-Katiola. Le 27 juillet 2025, un accident survenu au PK 24 avait fait 16 morts et 51 blessés.
En 2026, la succession des drames s’est poursuivie. Huit personnes sont mortes et 59 autres ont été blessées à Timorokaha le 11 juin. Deux personnes ont perdu la vie à Ounandiékaha le 4 juillet, deux autres sur le pont situé à l’entrée nord de Niakara le 9 août et une personne sur le pont à l’entrée sud de la ville le 16 août. À ce bilan s’ajoutent les cinq morts et neuf blessés graves enregistrés vendredi entre Niakara et Tafiré.
Réhabilitée entre 2017 et 2020 dans le cadre du désenclavement du Nord ivoirien, la Nationale A3 est devenue un important corridor de transport de personnes et de marchandises entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’hinterland. L’intensification du trafic sur cet axe pose toutefois avec acuité la question de la sécurité des usagers.
Parmi les facteurs de risque régulièrement évoqués figurent l’incivisme routier, les dépassements dangereux, les éventuelles défaillances mécaniques, ainsi que le stationnement de véhicules en panne sur la chaussée. La cohabitation entre poids lourds, cars de transport, véhicules particuliers et deux-roues contribue également à accroître les risques d’accident.
Des usagers et observateurs attirent par ailleurs l’attention sur certaines caractéristiques de la voie, notamment l’étroitesse de certains tronçons et l’état des accotements, qui pourraient compliquer les manœuvres en cas de situation d’urgence.
Face à cette répétition des accidents, l’inquiétude gagne les populations locales. À Niakara, la chefferie traditionnelle envisage notamment l’organisation de cérémonies coutumières destinées à « implorer les mannes » et à conjurer le mauvais sort, selon des informations recueillies vendredi par l’AIP auprès de gardiens de la tradition.
Cette situation intervient dans un contexte national marqué par une forte mortalité routière. Les routes ivoiriennes ont enregistré 1 307 décès liés aux accidents de la circulation en 2025, selon les chiffres communiqués par les autorités.
La succession des drames sur la Nationale A3 souligne ainsi la nécessité d’une mobilisation renforcée des acteurs de la sécurité routière, notamment à travers le contrôle du respect du Code de la route, la sécurisation des véhicules en panne et l’amélioration des conditions de circulation sur les tronçons identifiés comme particulièrement accidentogènes.
(AIP)
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