Abidjan, 13 oct 2026 (AIP) – Le Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (FIRCA) entend accélérer la domestication du karité en Côte d’Ivoire, à travers la recherche, le développement de variétés performantes et la création de plantations, afin de garantir l’approvisionnement de la filière et d’améliorer les revenus des collectrices et transformatrices.
« Aujourd’hui, l’avenir de la filière, c’est de faire des champs de karité », a déclaré le directeur du département Cultures d’exploitation et diversification du FIRCA, Anderson Ehouman, mardi 13 octobre 2026, en marge de l’ouverture du Salon national du karité (SNKA), organisé sur deux jours au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.
Selon lui, le FIRCA accompagne la recherche sur cette filière depuis 2014, notamment pour réduire le délai d’entrée en production des arbres. Les travaux menés avec des chercheurs ont permis de développer des techniques de greffage qui raccourcissent leur cycle de production. « À l’université, vous avez des arbres qui, à peine quatre ans, commencent à donner quelques fruits », a-t-il indiqué.

Jusqu’à présent, la collecte repose essentiellement sur les noix provenant d’arbres sauvages, particulièrement présents dans le nord du pays, notamment à Tengrela, Korhogo et Bouna. Cette dépendance aux peuplements naturels, conjuguée à la pression foncière et à la coupe des arbres, fragilise les perspectives d’approvisionnement.
M. Ehouman a notamment signalé la dégradation de certains peuplements de karité à Tengrela, où des espaces autrefois identifiés pour prélever du matériel végétal destiné à la recherche sont désormais concernés par des opérations de lotissement et l’abattage d’arbres.
Le FIRCA travaille avec le Conseil du coton, de l’anacarde et du karité à un état des lieux de la filière, afin de mieux connaître les ressources disponibles, les superficies exploitées, les collectrices, les unités de transformation et les capacités de production. L’objectif est de mieux structurer le secteur et d’accroître la valeur ajoutée au bénéfice des acteurs locaux.
L’organisme entend également poursuivre l’appui aux coopératives féminines pour réduire la pénibilité de la transformation artisanale. Des équipements, notamment des concasseurs et des presses, ont déjà été mis à disposition de certains groupements, a précisé le responsable.

Sur le plan organisationnel, il a relevé que la filière ne dispose pas encore d’une organisation interprofessionnelle pleinement reconnue par l’État. Le FIRCA accompagne les acteurs dans le renouvellement des instances et les démarches nécessaires à cette reconnaissance officielle.
Pour sa part, la chargée de programme Diversification au FIRCA, Mondah Amah Henriette, a souligné les multiples usages du karité, notamment dans les secteurs cosmétique et alimentaire. Elle a rappelé que le beurre de karité est utilisé depuis des générations dans les ménages ouest-africains pour les soins de la peau.
Le SNKA réunit pendant deux jours les acteurs de la filière autour du thème « Quel écosystème pour le développement durable de la filière karité en Côte d’Ivoire ? », sous le haut patronage de la Première Dame, Dominique Ouattara. Les échanges portent notamment sur la transformation locale, l’accès au financement, la modernisation des équipements et l’autonomisation économique des femmes.
La filière mobilise plus de 250 000 femmes en Côte d’Ivoire, dont 150 000 regroupées au sein de la Fédération nationale du karité de Côte d’Ivoire (FENKACI).
(AIP)
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