Abidjan, 20 fév 2026 (AIP) – Les entreprises ivoiriennes ont été appelées à franchir un nouveau cap dans leur transformation digitale, à l’issue de la 20e édition d’Orange Business Live, organisée jeudi 19 février 2026 à Abidjan.
Placée autour du thème, « Innovation et transformation digitale : accélérer la compétitivité des entreprises ivoiriennes », cette rencontre a réuni des acteurs du secteur privé et des experts du numérique pour réfléchir aux leviers de modernisation des organisations.
Les échanges ont mis en évidence une digitalisation à plusieurs vitesses selon les secteurs d’activité. Pour Pacôme Boidi, Senior Manager Coordination Commerciale B2B, le digital ne peut être abordé de manière uniforme.
« Le digital n’est pas quelque chose de standard. Il dépend des secteurs et des besoins réels des entreprises », a-t-il souligné, expliquant que la maturité digitale se construit progressivement, par paliers.
Le premier niveau correspond à une entreprise simplement connectée, disposant d’Internet, de services de téléphonie et d’un système d’information opérationnel. Le second niveau intègre des solutions adaptées au métier, telles qu’un système d’information hospitalier pour une clinique ou l’automatisation d’une chaîne de production agricole. Le niveau le plus avancé repose sur l’exploitation stratégique des données, l’innovation continue et des outils de pilotage permettant de mesurer la performance et de créer de la valeur.
De son côté, Firtzgérald Bony, Directeur adjoint des opérations B2B, a relevé une forte hétérogénéité entre les secteurs. Les services financiers et la distribution figurent parmi les plus dynamiques, portés par la généralisation du mobile money, l’amélioration de la connectivité et l’essor de la livraison à domicile. « Le carburant de la transformation digitale en Côte d’Ivoire, c’est le mobile money, la connectivité et les livreurs », a-t-il indiqué.
À l’inverse, des secteurs comme l’agriculture, le BTP ou certaines administrations présentent un fort potentiel mais restent en phase de structuration digitale, malgré des initiatives en matière d’automatisation, de traçabilité et d’exploitation des données.
Au-delà de la technologie, les intervenants ont insisté sur le rôle central du leadership et de la gouvernance. « Si vous faites une transformation digitale et que vous ne dérangez personne, ce n’est pas une transformation », a affirmé M. Bony, soulignant que ces projets impliquent des changements organisationnels profonds et une vision stratégique claire.
Les panélistes ont également mis en garde contre une approche exclusivement technologique. Le cloud, la cybersécurité, la data ou l’intelligence artificielle ne créent pas de valeur en soi. Celle-ci réside dans leur capacité à répondre à un besoin concret de l’entreprise, avec des résultats mesurables et un retour sur investissement clairement identifié.
Au terme des discussions, les intervenants ont estimé que la transformation digitale en Côte d’Ivoire constitue désormais un levier stratégique de compétitivité, porté par la pression concurrentielle et l’évolution des usages.
(AIP)
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