Abidjan, 23 mars 2026 (AIP)- Au second tour des élections municipales en France, dimanche 22 mars 2026, la gauche a conservé les grandes villes de Paris, Marseille et Lyon.
En effet, le socialiste Emmanuel Grégoire remporte à Paris, face à l’ex-ministre de droite Rachida Dati, soutenue par Emmanuel Macron, pour succéder à Anne Hidalgo dans la capitale.
Dans la cité phocéenne (Marseille), le sortant Benoît Payan bat largement le député du Rassemblement national (RN) Franck Allisio, tandis que l’alliance de la gauche avec La France Insoumise (LFI) a permis la victoire du maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, avec une courte avance sur l’ex-patron de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas.
La droite et le centre engrangent une belle moisson, tandis que le RN enregistre une vague de victoires dans les villes moyennes.
Dès l’annonce des résultats, les yeux se sont tournés vers l’élection présidentielle prévue dans 13 mois, dont la campagne va maintenant connaître une nette accélération. Prenant la parole après 20h, Edouard Phillipe, candidat déclaré à l’Élysée conforté par sa réélection au Havre, a vu « des raisons d’espérer quand tous ceux de bonne volonté se rassemblent dans un discours de vérité et qu’ils écartent les extrêmes et leur facilité. »
Il faut toutefois signer l’échec général des alliances controversées entre LFI, le mouvement de gauche radicale de Jean Luc Mélenchon et les socialistes, selon les experts. Le mouvement est accusé pendant la campagne, d’antisémitisme et d’ambiguïté face à la violence politique. Mais, les rares réussites des alliances avec LFI, sont celle du maire écologiste de Lyon Grégory Doucet, mais également celle de l’édile socialiste Johanna Rolland dans la ville de Nantes.
À gauche, le Parti socialiste et les écologistes devront tirer les leçons de la défaite de la plupart des fusions d’entre-deux-tours avec LFI, qui ont valu de nombreuses critiques. D’autant qu’à Paris et Marseille, où il n’y a pas eu de telles alliances, la gauche hors Insoumis gagne nettement des batailles, qui s’annonçaient plus serrées. Ailleurs, de Toulouse à Limoges, de Clermont-Ferrand à Avignon, les alliances avec LFI, sont vaincues. Également alliée à LFI, l’écologiste Jeanne Barseghian perd Strasbourg, reconquise par l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann.
Les socialistes gardent Lille et Rennes et revendiquent la victoire à Pau, où l’ex-Premier ministre centriste François Bayrou a subi un échec.
« La France insoumise fait perdre. La provocation outrancière et les dérapages antisémites étaient une voie sans issue», a constaté le secrétaire général du PS Pierre Jouvet. Cependant, le patron du parti à la rose Olivier Faure a appelé la gauche à « se rassembler sur des principes clairs ».
Les écologistes, à Poitiers et Besançon, bastion historique de la gauche, perdent ainsi des mairies remportées lors de la vague verte de 2020. Le parti de droite Les républicains en a profité pour arracher plusieurs fiefs de gauche (Besançon, Clermont-Ferrand, Limoges…). Même Tulle, ville de François Hollande où ce type d’alliance a été conclu, bascule à droite.
Le Rassemblement national, le parti d’extrême droite, continue de s’implanter au niveau local. Marine Le Pen a salué la victoire dans des « dizaines » de communes, dont Carcassonne (Aude), Saint-Avold (Moselle), La Flèche (Sarthe) ou Menton (Alpes-Maritimes). En parallèle, le député lepéniste Jean-Philippe Tanguy a regretté que « le refus des fusions ait permis aux communistes de gagner un certain nombre de villes.
« La réalité est que nous sommes toujours et plus que jamais la première force politique locale », s’est réjoui le patron de La Renaissance (LR) Buno Retailleau. Dès lundi, les présidentiables devront tirer les enseignements de ces scrutins locaux, marqués également par une tentative de l’extrême droite pour faire front commun avec la droite, restée dans l’ensemble vaine. Le RN gagne aussi Nice où son seul allié, l’UDR Éric Ciotti, réussit à s’imposer.
Le chef des députés LR Laurent Wauquiez a estimé que « le résultat des municipales doit nous projeter sur 2027. Si on est divisés, il n’y aura pas de candidat de droite au second tour ». Le macroniste Gérald Darmanin a insisté pour qu’il n’y ait à la présidentielle qu’« un seul candidat de la droite, du centre et peut-être même de la gauche républicaine ».
Le secrétaire général de LR, Gabriel Attal, dont le parti ne remporte que peu de nouvelles villes, dont Bordeaux et Annecy, a d’ailleurs tendu la main aux électeurs de la gauche républicaine « écœurés par les accords entre le PS et LFI ».
Après Saint-Denis, deuxième ville d’Île-de-France dès le premier tour, LFI remporte une autre grande ville, Roubaix (Nord) avec le député David Guiraud, fort d’une large avance dimanche dernier. Le mouvement s’implante dans la périphérie des grandes villes, avec des victoires à La Courneuve et Vénissieux, et son coordinateur national Manuel Bompard affirme que sa « percée du premier tour se renforce ».
Comme au premier tour, la participation a été historiquement basse à ce second tour affiche environ 57 % selon les institutions de sondage.
(AIP)
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