Bouaflé, 01 avr 2026 (AIP)-Une rencontre de concertation initiée mardi 31 mars 2026 par le maire de Bouaflé, Yao Etienne à la suite du sit-in organisé la veille par des éleveurs devant la Société de limonaderies et boissons rafraîchissantes d’Afrique (SOLIBRA), a permis d’engager des discussions en vue d’apaiser les tensions liées à l’accès à la drêche, un sous-produit devenu essentiel pour l’alimentation animale.
Selon le leader de la coordination des éleveurs et président du syndicat des transporteurs, Adama Konaté, la mobilisation du lundi 30 mars fait suite à de nombreuses incompréhensions avec l’entreprise. Il a rappelé que la drêche, aujourd’hui très prisée, était autrefois considérée comme un déchet par la SOLIBRA.
« Dans les années 1980 jusqu’au début des années 2000, ce résidu était simplement jeté. Ce sont les jeunes de Bouaflé qui ont expérimenté son utilisation dans l’alimentation animale. A partir de là, nous avons demandé à pouvoir la récupérer pour nourrir nos animaux », a-t-il expliqué.
Vendue initialement à environ 2 000 francs CFA, la drêche connaît aujourd’hui une forte hausse de prix, oscillant entre 90 000 et 100 000 francs CFA, en raison d’une demande accrue. Une situation qui, selon M. Konaté, pénalise fortement les éleveurs locaux, désormais confrontés à la concurrence d’opérateurs venus d’autres villes comme Bouaké ou Korhogo.
Les éleveurs réclament ainsi une priorité d’accès aux sous-produits de l’usine pour les populations locales, estimant subir directement les impacts environnementaux liés aux activités de production.
Le président des éleveurs de porcs de la Marahoué, Adou Narcisse, a pour sa part dénoncé une situation qui fragilise particulièrement les jeunes, majoritaires dans le secteur. « Ces prix élevés excluent progressivement les petits éleveurs, alors même que notre région est aujourd’hui la deuxième zone de production porcine en Côte d’Ivoire », a-t-il fait savoir.
Il a également insisté sur la nécessité de revoir les prix à la baisse et de garantir un accès équitable aux produits, soulignant que « la drêche est devenue indispensable, presque comme de l’or », après avoir été valorisée par les éleveurs eux-mêmes.
Face à ces revendications, le maire de Bouaflé, Yao Etienne, a appelé à la préservation de la paix sociale dans cette ville cosmopolite. Il a exhorté les éleveurs à privilégier le dialogue plutôt que toute forme de violence.
« Toute entreprise a une responsabilité sociétale envers les populations locales. Il est de notre devoir collectif de préserver les activités génératrices de revenus de nos jeunes », a-t-il indiqué, proposant l’ouverture de discussions avec la direction locale puis avec la direction générale de la SOLIBRA à Abidjan.
Le préfet de la région de la Marahoué et préfet du département de Bouaflé, Gonbagui Gueu Georges, a quant à lui invité les éleveurs à suspendre toute action de protestation pendant deux à trois jours, le temps de permettre aux démarches engagées d’aboutir.
Tout en saluant le calme observé lors du sit-in, encadré par les forces de l’ordre, il a rassuré les manifestants de l’accompagnement des autorités. « Nous sommes là pour défendre vos intérêts et faire en sorte que les retombées économiques profitent aussi aux populations locales », a-t-il affirmé, appelant à un dialogue « sincère et responsable ».
Les différentes parties espèrent qu’une rencontre avec la direction générale de la SOLIBRA permettra de trouver un compromis durable, dans un contexte où la préservation de la cohésion sociale demeure une priorité.
(AIP)
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