Abidjan, 17 juin 2026 (AIP) – L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs criminels (AGRAC) a entamé à Bouaké une session de formation destinée aux magistrats et officiers de police judiciaire (OPJ), en vue de renforcer les capacités de la chaîne pénale à identifier, saisir et confisquer les biens issus d’activités criminelles.
Organisé du lundi 15 au jeudi 18 juin 2026, cet atelier réunit les acteurs judiciaires relevant du ressort de la Cour d’appel de Bouaké autour des techniques d’enquêtes financières et des procédures de saisie et de confiscation des avoirs criminels, selon une note d’information parvenue à l’AIP.
Ouvrant les travaux au nom du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, le procureur général près la Cour d’appel de Bouaké, Bernard Koné, a souligné que la lutte contre la criminalité économique et financière ne peut plus se limiter aux poursuites judiciaires classiques, mais empêcher les criminels de profiter de leurs gains illicites.
« La criminalité économique et financière est en constante évolution, alimentée par des réseaux transnationaux et des montages juridiques sophistiqués », a-t-il relevé, estimant que l’enjeu actuel consiste désormais à priver les criminels des profits tirés de leurs activités illicites.
Cette nouvelle approche exige des magistrats et des OPJ une maîtrise accrue des enquêtes financières, de la traçabilité des flux financiers et des mécanismes juridiques permettant la saisie et la confiscation des biens criminels, a indiqué le magistrat.
Le procureur général a également salué les efforts de l’AGRAC visant à associer l’ensemble des maillons de la chaîne pénale à cette dynamique de justice patrimoniale.
Pour le directeur général adjoint de l’AGRAC, Ouattara Bourahiman, les formations déployées par l’institution constituent des réponses opérationnelles aux défis posés par la criminalité financière moderne.
L’atelier offre aux participants un cadre d’échanges sur les techniques d’enquête patrimoniale, les dispositifs juridiques de recouvrement des avoirs criminels ainsi que les bonnes pratiques observées aux niveaux national et international.
Animées par le directeur des Affaires juridiques de l’AGRAC, Romain Ouattara, et le directeur des Opérations, Koffi Goua, les sessions visent également à renforcer le dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
La première phase de la formation, consacrée aux magistrats, a réuni une vingtaine de participants du 15 au 16 juin. Une seconde session accueille une vingtaine d’OPJ du 17 au 18 juin.
Après une première étape organisée à Abidjan en mars, l’AGRAC prévoit d’étendre ce programme aux ressorts des Cours d’appel de Daloa et de Korhogo, dans le cadre de sa stratégie nationale de promotion d’une justice patrimoniale moderne et conforme aux standards internationaux.
(AIP)
kp

