Abidjan, 17 avr 2026 (AIP) – La 14e édition du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA) se vit au-delà des scènes officielles, à travers un éclatement d’activités culturelles dans plusieurs communes d’Abidjan, notamment à Yopougon, Treichville et Bingerville, où l’ambiance oscille entre ferveur populaire, créativité artistique et engagement social.
Yopougon, une communion artistique à ciel ouvert
À Yopougon, la mythique place Ficgayo s’est transformée en véritable épicentre culturel dans le cadre du « MASA off ». Dans une ambiance survoltée, des milliers de spectateurs communient avec les artistes, brouillant la frontière entre scène et public.
La musique y occupe une place de choix. L’artiste John Kiffy a ouvert les festivités avec un concert live, replongeant les mélomanes dans l’univers du « zêzê pop », tandis que des artistes comme Gaya la Slameuse et le groupe Mordus de la Guinée ont captivé le public avec des prestations mêlant poésie, engagement et spiritualité.
La danse n’est pas en reste, avec des performances remarquées du chorégraphe Georges Momboye et de la compagnie Cie Gninka, qui ont su allier modernité et traditions. Les artistes locaux, dont Lamine Tpj, Sans Façon, Roma Chiyaya, Francky Dicaprio et Daoudy le Kirikou, ont également enflammé la scène avec des rythmes urbains entraînants.
Dans cette ambiance festive, toutes les générations se côtoient. « Au MASA, on ne vient pas regarder, on vient vivre », confie Adama Bakayoko, un habitant de Yopougon, traduisant l’engouement populaire autour de l’événement.
Pour la directrice des affaires socioculturelles de la commune, Kotchi Léopoldine, cette décentralisation du MASA « réaffirme que la culture appartient à tous », saluant la symbiose entre artistes et public.
Treichville, carrefour de créativité et de diversité artistique
Au Palais de la Culture de Treichville, le MASA déploie une programmation riche et variée, adaptée à tous les publics.
Dans la salle Bernard Dadié, les jeunes sont fortement mobilisés. Élèves et étudiants assistent à des spectacles dynamiques mêlant danse, musique et chorégraphies. La Team 2 Poy s’est particulièrement illustrée, déclenchant l’enthousiasme du public.
À l’extérieur, l’espace street art attire une foule curieuse venue admirer les artistes à l’œuvre. Entre fresques murales et performances en direct, l’artiste ivoirienne YLIm capte l’attention dans une ambiance immersive.

Le MASA Comedy Club offre, quant à lui, des instants de détente, avec des humoristes qui enchaînent des prestations saluées par des éclats de rire et des applaudissements nourris.
Dans un registre plus éducatif, le MASA Fitini dédié aux enfants propose des activités ludiques et pédagogiques, permettant aux plus jeunes de découvrir l’univers artistique dans un cadre adapté.
Bingerville, une escale artistique à dimension sociale
À Bingerville, le MASA s’invite au cœur de l’action sociale, en partenariat avec l’Hôpital Mère-Enfant, offrant aux enfants une parenthèse artistique empreinte de douceur.
La marionnettiste brésilienne Esther Odila Nunes a captivé les jeunes patients avec une animation interactive, suivie de la prestation de Kompaoré Rebecca Tindwindé, qui a présenté une œuvre expressive intitulée “Les deux visages du silence”.

L’après-midi s’est poursuivi avec des danses urbaines, notamment une performance de Roma Chiyaya, en parfaite osmose avec son jeune public.
Cette initiative illustre la volonté du MASA de rapprocher les arts des populations, y compris les plus vulnérables, en faisant de la culture un vecteur d’inclusion sociale.
Placée sous le thème « Les arts du spectacle en Afrique : outil d’intégration économique et sociale », cette édition du MASA confirme son caractère inclusif et fédérateur. D’une commune à une autre, le festival transforme Abidjan en une scène géante où se croisent artistes, publics et cultures, dans une célébration commune des arts vivants.
(AIP)
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