Abidjan, 30 mai 2026 (AIP) – L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a mis en garde contre l’usage de clauses contractuelles susceptibles de limiter la liberté d’expression des journalistes, après la condamnation en appel d’un journaliste français dans une affaire impliquant son ancien employeur.
Selon un communiqué publié samedi 30 mai 2026, la cour d’appel de Versailles a condamné, le 20 mai, le journaliste d’investigation Jean-Baptiste Rivoire à verser 142 500 euros à la chaîne Canal+, pour avoir témoigné dans un documentaire malgré l’existence d’une clause de confidentialité liée à son ancien contrat de travail.
RSF dénonce l’usage de clauses dites de “confidentialité”, de “non-dénigrement” ou encore de “loyauté”, qui peuvent, selon l’organisation, contraindre des journalistes au silence, parfois sans limite dans le temps, et créer un risque d’autocensure.
L’organisation affirme que plus de 500 journalistes en France ont déclaré avoir été soumis à ce type de dispositions contractuelles ces dernières années, lesquelles peuvent restreindre leur capacité à enquêter ou à témoigner sur leurs anciens employeurs.
Pour RSF, cette affaire soulève la question de la primauté entre la protection de l’image des entreprises et le droit du public à l’information. L’organisation estime également que cette décision judiciaire pourrait faire jurisprudence et avoir des répercussions au-delà du seul cas concerné.
RSF appelle à une réflexion sur les pressions économiques et juridiques susceptibles d’affecter le travail des journalistes, dans un contexte qu’elle juge marqué par une recrudescence des contraintes pesant sur la liberté de la presse.

