Guiglo, 19 juin 2026 (AIP) – Le ministre ivoirien des Eaux et Forêts, Jacques Assahoré Konan, a annoncé, jeudi 18 juin 2026, à Guiglo, la mise en œuvre d’un projet d’agroforesterie dans la forêt classée du Goin-Débé par la PALMCI (Palm Côte d’Ivoire SA), en vue d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines, tout en renforçant la protection de cette aire protégée.
C’était au cours d’une rencontre d’échanges avec les parties prenantes et les populations de la région du Cavally, tenue en présence de la ministre d’Etat, Anne Désirée Ouloto-Lamizana, présidente du Conseil régional du Cavally (Ouest de la Côte d’Ivoire).
« Nous avons mis en place un comité de pilotage de la convention de concession du Goin-Débé. Ce comité inclusif se réunira très prochainement afin de nous faire des propositions pour le règlement définitif de la situation dans la forêt classée du Goin-Débé », a indiqué M. Assahoré.
Il a exprimé le souhait de voir cette forêt classée redevenir une référence nationale en matière d’agroforesterie. Selon lui, cet objectif sera atteint grâce à la PALMCI, société agro-industrielle ivoirienne spécialisée dans la création et l’exploitation de plantations de palmiers à huile, ainsi que dans la production et la commercialisation d’huile de palme brute et d’amande de palmiste, partenaire chargé de mettre en œuvre ce projet, qui contribuera à l’amélioration des conditions de vie des populations locales, à condition que la paix et l’entente prévalent entre les communautés impliquées dans la protection du massif forestier.
Le ministre des Eaux et Forêts a toutefois déploré les difficultés de coexistence observées dans cette forêt classée. Il a rappelé qu’une forêt classée n’a pas vocation à être habitée, même si des populations y sont aujourd’hui installées.
« Nous sommes venus, accompagnés de la ministre d’Etat, et présidente du Conseil régional, rencontrer les populations afin de réaffirmer l’autorité de l’État et rappeler que cette forêt classée doit revenir à l’Etat. Toutefois, cela ne se fera pas au détriment des intérêts des populations locales qui ont géré ces espaces et y disposent d’intérêts légitimes », a-t-il déclaré.
Jacques Assahoré a assuré que l’Etat veillera à ce que les populations riveraines ainsi que les personnes installées dans la forêt ne soient pas laissées pour compte dans le processus de réorganisation et de préservation du massif forestier. Il a également appelé à la cessation immédiate de toutes les activités illégales dans la forêt classée du Goin-Débé, notamment l’orpaillage clandestin.
Le ministre a souligné que ces pratiques sont incompatibles avec les objectifs de conservation et a affirmé que l’État prendra les mesures nécessaires pour y mettre fin.
La forêt classée du Goin-Débé est confrontée à de multiples pressions, notamment l’orpaillage clandestin, l’exploitation illégale du bois d’œuvre et d’ébénisterie, le braconnage, la création de nouvelles plantations illicites ainsi que des affrontements entre groupes d’intérêts, ayant parfois entraîné des pertes en vies humaines.
Cette aire protégée couvre une superficie de 133.170 ha. Elle est située à cheval entre les départements de Guiglo, Bloléquin (région du Cavally) et Duékoué (région du Guémon), et longe le fleuve Cavally, servant de frontière naturelle avec le Libéria, rappelle-t-on.
(AIP)
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