Abidjan, 23 juin 2026 (AIP) – Le pape Léon XIV a exhorté lundi 22 juin 2026 la communauté internationale à accroître les ressources destinées à la lutte contre la faim et ses causes profondes, estimant que les dépenses consacrées aux conflits demeurent largement supérieures aux efforts déployés pour nourrir les populations vulnérables.
S’exprimant au siège du Programme alimentaire mondial (PAM) à Rome, lors de la session annuelle du conseil d’administration de l’institution, le souverain pontife a dressé un tableau préoccupant des défis auxquels le monde est confronté, notamment les conflits prolongés, l’insécurité alimentaire chronique, les crises économiques et les effets croissants du changement climatique.
Selon lui, ces facteurs contribuent à fragiliser davantage les populations et à accentuer les inégalités dans l’accès aux besoins essentiels.
« L’alimentation, l’eau et les soins de santé ne peuvent être subordonnés à des considérations de marché ou à des intérêts géopolitiques », a déclaré le chef de l’Église catholique, rappelant que l’accès à une alimentation suffisante constitue un droit humain fondamental.
Le pape a dénoncé ce qu’il a qualifié de « déséquilibre fondamental dans les priorités politiques et morales », relevant qu’il est souvent plus facile de financer les conflits armés que de soutenir les initiatives humanitaires destinées à sauver des vies.
Pour Léon XIV, la faim ne se limite pas à une crise alimentaire. Elle constitue également une menace pour la stabilité mondiale en fragilisant la cohésion sociale, en alimentant les conflits et en favorisant les migrations forcées. Elle compromet également la capacité des États à bâtir des institutions résilientes, à offrir une éducation de qualité et à soutenir une croissance économique durable.
Léon XIV a, par ailleurs, mis en garde contre la « marchandisation silencieuse de la vie humaine » et appelé à replacer la dignité de la personne au cœur des politiques internationales.
Saluant l’action du PAM, il a présenté l’organisation comme « une expression concrète de la solidarité internationale », dont l’intervention permet d’éviter que les crises humanitaires ne se transforment en effondrements irréversibles dans les zones les plus vulnérables.
Face à un monde marqué par la fragmentation géopolitique, le pape a plaidé pour un renforcement de la coopération multilatérale, estimant qu’aucun État ne peut, à lui seul, relever les défis mondiaux liés à la sécurité alimentaire, au développement et à la paix.
Il a enfin encouragé le PAM à poursuivre et à élargir ses programmes de long terme, notamment les cantines scolaires et les initiatives visant à renforcer durablement la sécurité alimentaire des populations.
(AIP)
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