Abidjan, 01 juil 2026 (AIP) – Le directeur de cabinet du ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Moussa Diarassouba, a procédé, mardi 30 juin à Abidjan, au lancement du rapport de l’enquête nationale sur la masculinité en Côte d’Ivoire (EMASCI), intitulé « Masculinité et égalité femmes-hommes : Perspectives de la Côte d’Ivoire et du Sénégal ».
Première du genre au niveau mondial dans le cadre méthodologique développé par le centre de développement de l’OCDE, cette étude inédite met en lumière l’influence des normes sociales de masculinité sur les inégalités entre les sexes et appelle à une réorientation des politiques publiques. Elle a été réalisée, entre septembre et octobre 2025, auprès de 1 530 ménages répartis dans les 33 régions du pays, couvrant huit zones linguistiques. Au Sénégal, l’étude a reposé sur des entretiens approfondis et des ateliers participatifs.
Coordonnée par la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD) et le Centre ivoirien de recherche économique et sociale (CIRES) de l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, avec l’appui du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, l’EMASCI révèle que 96 % des personnes interrogées considèrent l’homme comme le principal pourvoyeur financier de la famille. Plus de 90 % des hommes déclarent ressentir une pression chronique liée à ce rôle.
Selon le rapport, l’indice des normes de masculinité atteint 57 sur 100, avec des disparités régionales (65 dans le Nord contre 53 à Abidjan et dans le Sud). L’étude établit un lien direct entre ces normes et les violences conjugales (30 % des femmes et 20 % des hommes concernés), ainsi qu’une espérance de vie masculine plus faible (61,4 ans contre 66 ans pour les femmes).

Présidente du groupe technique consultatif, la conseillère spéciale du Premier ministre chargée du Genre, Euphrasie Kouassi Yao, a souligné que « l’égalité des chances entre les femmes et les hommes ne saurait être atteinte sans l’implication des hommes », plaidant pour une « masculinité positive » et une transformation relationnelle entre les sexes.
Au-delà du constat, l’EMASCI interpelle les décideurs sur la nécessité d’intégrer la question des masculinités dans les programmes de santé, d’éducation et de lutte contre les violences basées sur le genre. Elle invite également à promouvoir une masculinité positive comme levier de développement durable et de stabilité sociale, en cohérence avec les engagements internationaux de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.
Ce rapport inédit constitue ainsi un outil stratégique pour repenser les politiques d’égalité et renforcer la participation des hommes à la construction d’une société plus inclusive.
(AIP)
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