Abidjan, 27 juin 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire et l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) ont signé jeudi 26 juin 2026, à Abidjan, un accord cadre destiné à renforcer le Système de surveillance international (SSI) et à approfondir les échanges scientifiques et technologiques entre les deux parties.
Signé entre le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, représentant l’État de Côte d’Ivoire, et le secrétaire exécutif de l’OTICE, Robert Floyd, cet accord traduit la volonté commune de promouvoir la paix, la sécurité internationale ainsi que le respect des instruments multilatéraux de non-prolifération nucléaire.
Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires adopté en 1996 à New York vise l’élimination totale des explosions nucléaires dans le monde. Il compte 187 États signataires et 178 ratifications dont celle de la Côte d’Ivoire.
L’ambassadeur de Côte d’Ivoire en Autriche, Yacouba Cissé, représentant permanent de la Côte d’ivoire l’OTICE, a indiqué que cette signature vient consolider le statut déjà reconnu au pays en tant qu’État partie, tout en instaurant un cadre de coopération bilatérale plus structuré avec l’organisation.
Le diplomate a rappelé que la Côte d’Ivoire avait assuré, en 2025, la présidence de la Commission préparatoire de l’OTICE, une première pour un pays africain. Selon lui, cette responsabilité illustre le positionnement croissant du pays dans les débats internationaux liés à la sécurité collective, au multilatéralisme et à la gouvernance scientifique.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a souligné que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires constitue un instrument majeur de prévention de la prolifération nucléaire et de préservation de la paix mondiale.
Il a détaillé les capacités techniques déployées sur le territoire national dans le cadre du Système de surveillance international. Selon lui, ces infrastructures permettent de détecter d’éventuels essais nucléaires souterrains et atmosphériques mais présentent également des usages civils majeurs. Les données collectées contribuent au suivi météorologique, à l’observation des phénomènes atmosphériques, à la surveillance des séismes, à la recherche scientifique ainsi qu’à la formation des étudiants et chercheurs.
Le secrétaire exécutif de la commission préparatoire du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), Robert Floyd, a salué pour sa part le rôle stratégique de la Côte d’Ivoire dans le dispositif mondial de surveillance.
Il a estimé que les infrastructures installées dans le pays, notamment le Centre national de données de Lamto ainsi que les plateformes scientifiques associées, constituent une contribution essentielle au système international de détection et d’alerte. Il a également encouragé la Côte d’Ivoire à poursuivre son action de sensibilisation auprès des États n’ayant pas encore ratifié le traité.
Pour sa part, madame la Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Ivoiriens de l’Extérieur, Nialé Kaba, a réaffirmé l’attachement de la Côte d’Ivoire aux mécanismes internationaux de désarmement et plaidé pour une entrée en vigueur rapide du traité, rappelant que malgré un soutien international largement acquis, plusieurs États concernés n’ont pas encore achevé leur processus d’adhésion.
Mme Kaba a également insisté sur les défis géopolitiques actuels et sur la nécessité de préserver le financement du Système de surveillance international, présenté comme un outil essentiel pour prévenir toute reprise des essais nucléaires.
Évoquant les acquis récents de la coopération ivoirienne avec l’OTICE, elle a rappelé la signature, le 19 mars, de l’accord de facilité faisant de la Côte d’Ivoire un État hôte du système, l’installation du dispositif de renforcement des capacités du Centre national de données ainsi que l’organisation, du 8 au 12 juin à Abidjan, de l’atelier régional des Centres nationaux de données d’Afrique francophone.
Pour les années à venir, elle a annoncé la volonté du gouvernement de renforcer la présence d’experts ivoiriens au sein du secrétariat de l’organisation, de promouvoir le multilinguisme dans les recrutements et d’encourager l’appropriation des applications civiles et scientifiques du traité dans les universités.
Au terme de la signature de l’accord, M. Floyd et l’ambassadeur Cissé ont été élevés commandeur dans l’ordre du mérite de l’éducation nationale par le ministre Adama Diawara, au nom du président de la république, Alassane Ouattara.
(AIP)
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