Bouaké, 4 juil 2026 (AIP)- Le ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, chargé des Productions vivrières, Bernard Kini-Comoé, a effectué, vendredi 3 juillet 2026, une visite de travail à la station de recherche du Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Bouaké afin de s’informer des capacités de production de matériel végétal amélioré destiné aux filières vivrières.
Cette visite a permis au ministre de s’enquérir des activités de recherche conduites sur le manioc, l’igname et la patate douce à chair orange, ainsi que des technologies développées pour la multiplication et la diffusion de semences et de plants améliorés.
Selon Bernard Kini-Comoé, l’amélioration de la productivité agricole repose sur la recherche agronomique. « Pour arriver à de hauts rendements, à la production et à des volumes importants, il y a un élément de base, et cet élément de base, ce sont les activités de recherche. Notre visite s’inscrit dans la dynamique de développement des performances en matière de matériel végétal autour du manioc, de l’igname et de la patate douce à chair orange », a déclaré le ministre.
Il a expliqué que le gouvernement souhaite apprécier les capacités du CNRA à répondre à la demande croissante en matériel végétal amélioré au profit des producteurs. « La demande est de plus en plus forte. Il était donc important de venir constater les capacités de production du CNRA en matériel végétal amélioré », a-t-il indiqué.
Au cours de la visite, la délégation ministérielle a découvert des technologies permettant la multiplication de plants à grande échelle ainsi que des infrastructures destinées à la production et à l’élevage de plants avant leur mise à la disposition des producteurs.
Le ministre a estimé que ces innovations ouvrent des perspectives pour la filière manioc. « Nous avons vu de nouvelles approches et de nouvelles technologies qui permettent de multiplier des plants à grande échelle. Nous avons également observé des infrastructures qui permettent de produire des plants destinés aux producteurs. Au terme de cette visite, nous constatons qu’il existe des perspectives pour les acteurs de la chaîne de valeur du manioc », a-t-il relevé.
Il a ajouté que la disponibilité de matériel végétal amélioré contribuera à la professionnalisation des producteurs, qui pourront désormais s’approvisionner auprès du CNRA.
Selon lui, le développement de cette filière favorisera également l’émergence d’une nouvelle catégorie d’acteurs, les pépiniéristes, appelés à servir d’interface entre le CNRA et les producteurs.

Évoquant les préoccupations des producteurs relatives à la disponibilité de semences de qualité, Bernard Kini-Comoé a indiqué que le CNRA dispose des capacités nécessaires pour approvisionner les bassins de production en variétés améliorées de manioc adaptées aux différents usages. « Nous sommes heureux de constater que le CNRA est capable de fournir à l’ensemble des bassins de production du manioc les meilleures variétés améliorées, qu’elles soient destinées à la fabrication de l’attiéké, du placali, de la farine boulangère ou encore de l’amidon et d’autres dérivés », a-t-il affirmé.
Il a précisé que les activités de recherche sont désormais orientées vers une spécialisation des variétés en fonction des différents débouchés de la filière, afin de répondre aux besoins des transformateurs et des industriels.
Le ministre était accompagné du directeur général du CNRA, le Pr Sangaré Abdourahamane, qui a présenté les orientations de l’institution en matière de recherche agronomique.
Selon lui, les travaux du CNRA s’inscrivent dans les priorités définies par le gouvernement, notamment la sécurité alimentaire. « Tout ce que nous faisons est orienté vers les grandes orientations du gouvernement, parmi lesquelles la sécurité alimentaire occupe une place importante. Toutes nos activités de recherche visent à apporter des solutions aux problèmes rencontrés par les producteurs », a expliqué le Pr Sangaré.
Il a indiqué que ces solutions passent par la création de nouvelles variétés adaptées aux conditions de production, aux contraintes environnementales et aux besoins des agriculteurs.
Le directeur général du CNRA a cité, entre autres, la résistance aux maladies, la tolérance à la sécheresse, l’adaptation aux situations de stress hydrique ainsi que les qualités organoleptiques recherchées par les utilisateurs. « Toutes les variétés de manioc ne répondent pas aux mêmes usages. Certaines sont recherchées pour la production d’amidon destinée à l’industrie, d’autres pour la fabrication de l’attiéké. Nos recherches visent à développer des innovations répondant à ces besoins », a-t-il expliqué.
Le Pr Sangaré Abdourahamane a également souligné que l’adaptation au changement climatique constitue un axe prioritaire des programmes de recherche du CNRA. « Nous travaillons sur l’ensemble des spéculations agricoles. Aujourd’hui, le principal facteur pris en compte est l’adaptation au changement climatique. Nous développons également des systèmes de culture permettant d’atténuer les effets de ce changement climatique et d’anticiper les contraintes futures », a-t-il indiqué.
Il a réaffirmé que l’objectif des recherches conduites par le CNRA est de renforcer la sécurité alimentaire tout en améliorant les revenus des producteurs grâce à la mise à disposition de technologies et de variétés adaptées aux réalités du terrain.
(AIP)
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