Abidjan, 02 juil 2026 (AIP) – Le président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), Laurent Gbagbo, a justifié, jeudi, le lancement de son projet de pacte social en mettant en avant l’urgence de répondre aux nombreuses difficultés sociales auxquelles sont confrontées les populations ivoiriennes.
S’exprimant lors d’une conférence de presse tenue à son cabinet à Cocody, M. Gbagbo a expliqué que cette initiative s’inscrit dans la vision sociale de son parti, mais surtout dans le contexte d’un pays qu’il estime confronté à une pauvreté persistante et à des frustrations multiples.
« C’est important parce que nous sommes socialistes, mais c’est important surtout parce que nous vivons dans un pays du tiers-monde frappé par la pauvreté. Nous voyons souvent des scènes difficiles à supporter », a-t-il déclaré, estimant que les frustrations sociales quotidiennes s’ajoutent aux frustrations politiques.
L’ancien chef de l’État a cité plusieurs secteurs qu’il juge prioritaires, notamment le logement, l’éducation et la santé. Il a évoqué les opérations de destruction d’habitations, le déficit d’infrastructures scolaires ainsi que les difficultés d’accès aux soins de santé.
Revenant sur son expérience de député durant deux mandats, Laurent Gbagbo a souligné que le contact direct avec les populations lui a permis de mesurer l’ampleur des difficultés vécues dans plusieurs localités du pays.
« J’ai fait le tour de toute la Côte d’Ivoire. On a vu des choses qu’on n’imaginait pas. Quand on prend certaines positions, on n’est pas toujours compris parce que ce qu’on a vu, les autres ne l’ont pas vu », a-t-il affirmé.
Illustrant son propos, le président du PPA-CI a rappelé avoir supprimé, durant son mandat à la tête de l’État, l’obligation de l’uniforme scolaire afin d’alléger les charges des familles les plus modestes.
Selon lui, les politiques publiques doivent davantage intégrer les réalités sociales, notamment dans la construction des établissements secondaires, le recrutement et l’affectation des enseignants. Il a déploré que certains collèges restent parfois une année entière sans professeur de mathématiques.
Abordant la question de la santé, Laurent Gbagbo a également évoqué les difficultés rencontrées, selon lui, pour obtenir l’affectation d’un médecin dans la sous-préfecture d’Ouragahio, malgré l’existence d’un hôpital construit avec la contribution des populations.
« Est-ce normal qu’on affecte pas automatiquement un médecin ? Je ne parle même pas des médicaments », s’est-il interrogé, estimant que les problèmes sociaux demeurent nombreux dans plusieurs communes d’Abidjan, notamment à Yopougon, Koumassi, Port-Bouët et Abobo.
Pour le président du PPA-CI, ces différentes préoccupations justifient la nécessité d’un pacte social destiné à remettre les questions liées aux conditions de vie des populations au centre du débat public.
(AIP)
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