Abidjan, 11 juin 2026 (AIP)- Les femmes ne représentent qu’environ 4% des militaires ivoiriens déployés dans les opérations de maintien de la paix des Nations unies, avec 96 femmes sur un total de 2 395 militaires engagés entre 2017 et 2024, a révélé jeudi 11 juin 2026 à Abidjan, le directeur adjoint de la Cellule d’analyse de politiques économiques du Centre ivoirien de recherches économiques et sociales (CAPEC-CIRES), Pr Kimou Assi.
L’enseignant-chercheur intervenait à l’Hôtel des Armées, au camp Gallieni, à l’occasion de la cérémonie de lancement du rapport d’évaluation des obstacles à la participation des femmes militaires ivoiriennes aux opérations de maintien de la paix des Nations unies. La rencontre était présidée par la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, représentant le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara.
Selon Pr Assi, les résultats présentés sont issus d’une étude conduite selon la méthodologie internationale MOWIP (Measuring Opportunities for Women in Peace Operations), reconnue pour son approche fondée sur des données probantes. « Cette étude ne mesure pas des intentions. Elle identifie scientifiquement les goulots d’étranglement systémiques, depuis le recrutement jusqu’au déploiement des personnels », a-t-il expliqué.
Réalisée en janvier 2025, l’étude a combiné une revue documentaire, des entretiens avec des acteurs clés du secteur de la défense ainsi qu’une enquête menée auprès de 380 militaires, dont 190 femmes et 190 hommes, dans six régions militaires du pays notamment, Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo, Man et Daloa.
Les conclusions mettent en lumière plusieurs obstacles à la participation des femmes militaires aux missions de paix, notamment des contraintes institutionnelles, organisationnelles et socioculturelles qui limitent encore leur accès aux opportunités de déploiement.
La ministre Nassénéba Touré a exhorté l’Etat-major général des Armées et l’ensemble des parties prenantes à poursuivre les réflexions engagées afin de traduire les recommandations de l’étude en mesures concrètes et durables. « Il nous appartient désormais de transformer ces enseignements en actions susceptibles de favoriser une participation plus importante des femmes aux opérations de maintien de la paix », a-t-elle souligné.
Le chef d’état-major général des Armées, le général d’armée Lassina Doumbia a, pour sa part, reconnu la persistance de plusieurs obstacles à une meilleure inclusion des femmes militaires dans les missions onusiennes.
« Ces blocages relèvent parfois de contraintes structurelles liées à l’organisation ou aux conditions de projection des forces, mais aussi, et bien souvent, de facteurs culturels plus diffus, quoique tout aussi déterminants », a-t-il déclaré.
Selon lui, c’est dans cette perspective que la haute hiérarchie militaire a accueilli favorablement le Projet ELSIE, une initiative soutenue par les Nations unies et le gouvernement du Canada visant à accroître la participation significative des femmes dans les opérations de paix.
Organisée conjointement par ONU Femmes Côte d’Ivoire, le ministère de la Défense et l’Etat-major général des Armées, cette cérémonie a également été marquée par la remise officielle du rapport aux autorités militaires ivoiriennes en vue de son appropriation et de la mise en œuvre progressive de ses recommandations.
(AIP)
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