Abidjan, 23 déc 2025 (AIP) – Un atelier de sensibilisation sur le protocole à la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples relatif à la protection et à la sécurité sociale s’est tenu le mardi 23 décembre 2025 à Treichville (Abidjan Sud), à l’initiative d’acteurs syndicaux et institutionnels.
Organisée dans le cadre de la promotion des cadres juridiques fondés sur les droits en matière de protection sociale en Afrique, la rencontre visait à mieux faire connaître ce protocole de l’Union africaine (UA) et à renforcer les capacités des participants en matière de plaidoyer au niveau national.
« Cet atelier s’inscrit dans une phase de sensibilisation sur le protocole de l’Union africaine et sur les approches fondées sur les droits en matière de protection sociale », a expliqué la chargée des questions de protection sociale et de sécurité au sein de la Confédération syndicale internationale (CSI-Afrique), Dr Ghislaine Saizonou-Broohm.
L’objectif est également de permettre aux acteurs concernés d’influencer les processus de prise de décision à travers des positions conjointes de préparation et de plaidoyer. Elle a salué les progrès importants réalisés par la Côte d’Ivoire en matière de protection et de sécurité sociale, tout en appelant à une appropriation effective du protocole afin d’accompagner l’action gouvernementale.
Dr Saizonou-Broohm a toutefois estimé que le financement de la protection sociale demeure « le maillon faible », soulignant que le pays dispose néanmoins de ressources suffisantes pour relever ce défi. « Il faut travailler avec les gouvernants sur les mécanismes et les systèmes de financement de la protection sociale », a-t-elle indiqué.
De son côté, le secrétaire général de la Confédération ivoirienne des syndicats libres (CISL)-Dignité, David Bli Blé, a relevé l’importance des dispositions contenues dans le protocole, notamment celles relatives à l’assurance chômage et au financement de la Couverture maladie universelle (CMU), qu’il juge prioritaire.
Le protocole de l’UA couvre plusieurs domaines dont les économies formelles, informelles et rurales, le chômage et le sous-emploi, les soins de santé, les accidents du travail, la protection de la famille ainsi que la situation des femmes et des filles en matière de protection sociale.
Début décembre, le gouvernement ivoirien a annoncé de nouvelles mesures visant à renforcer la protection sociale des travailleurs du secteur agricole et de l’économie informelle, dans l’objectif d’améliorer durablement leurs conditions de vie et de consolider une couverture sociale inclusive.
En novembre, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) avait également alerté sur l’urgence d’investir dans la protection sociale en milieu rural en Afrique de l’Ouest, lors d’une rencontre régionale tenue à Abidjan.
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