Abidjan, 13 août 2025 (AIP) – Le président de l’ONG CIVIS-CI, Dr Christophe Kouamé, a relevé, mercredi 13 août 2025 à Abidjan, lors de la conférence inaugurale du projet MarathonFem organisée par l’ONG ‘Citoyennes engagées pour le leadership et la démocratie Côte d’Ivoire’ (CELDci) que l’égalité entre les genres constitue un pilier fondamental pour la consolidation démocratique et le renforcement de la bonne gouvernance.
Intervenant sur le thème « Gouvernance et égalité des genres : quels enjeux pour la consolidation de la démocratie », Dr Kouamé a rappelé les mots de l’ancien Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, à savoir la promotion du développement durable, la réduction de la pauvreté et la bonne gouvernance passent nécessairement par la pleine participation des femmes à la vie publique.
Selon le conférencier, la démocratie ne se résume pas au simple exercice du vote, mais elle se définit également par l’inclusion politique, l’égalité de participation aux processus décisionnels et la reconnaissance des diversités sociales composant la société.
Le président de CIVIS-CI a dressé un constat préoccupant : malgré les engagements internationaux et nationaux en faveur de la parité, les femmes demeurent largement sous-représentées dans les instances exécutives, législatives et judiciaires, y compris dans les pays dotés de législations paritaires.
Cette situation trouve ses racines dans plusieurs facteurs structurels comme les normes socioculturelles patriarcales encore prégnantes, la division sexuée traditionnelle du travail, les violences politiques ciblant les femmes, et un déficit persistant de volonté politique pour opérer les changements nécessaires.
Face à ces défis, Dr Kouamé a plaidé pour l’adoption d’une approche de gouvernance démocratique « sensible au genre ». Cette vision implique l’intégration systématique des besoins et priorités des femmes dans l’élaboration des politiques publiques, ainsi que le renforcement significatif de leur présence dans les organes de décision.
L’inclusion des femmes dans la gouvernance n’est pas qu’une question de justice sociale, a-t-il affirmé, ajoutant qu’elle « améliore concrètement l’efficacité, la transparence et la redevabilité des institutions, tout en orientant les politiques publiques vers des secteurs stratégiques tels que l’éducation, la santé et la protection sociale. »
Le conférencier a conclu son intervention en formulant plusieurs recommandations opérationnelles, notamment l’application rigoureuse des quotas de représentation féminine, le développement de programmes de formation et d’accompagnement pour les femmes leaders, le renforcement de la lutte contre les violences politiques à l’égard des femmes et l’intégration systématique de la dimension genre dans toutes les réformes institutionnelles
Cette conférence marquait le lancement officiel du projet MarathonFEM, une initiative de l’ONG CELDci, dont l’objet est d’ouvrir la voie vers une société plus équitable et inclusive en renforçant la contribution des femmes à des élections apaisées et inclusives en Côte d’Ivoire à l’horizon 2025.
(AIP)
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