Sikensi, 18 juil 2026 (AIP) – Huit cas de viols commis sur des mineures, dont plusieurs élèves, ont été enregistrés dans le département de Sikensi depuis le début de l’année 2026, a annoncé le président de la délégation locale du Réseau ivoirien des droits de l’enfant et de la femme (RIDDEF), Gnoflé Charles.
Dans un entretien accordé à l’AIP, M. Gnoflé a dénoncé la persistance des violences basées sur le genre (VBG) dans le département, tout en déplorant les règlements à l’amiable entre certaines familles, qui contribuent, selon lui, à dissimuler plusieurs cas et à freiner les poursuites judiciaires.
Les cas signalés concernent notamment les localités de Sikensi, Elibou, Bécédi et Yaobou, dans la sous-préfecture de Gomon. Ce dernier village a enregistré deux cas de viol, dont celui d’une élève de 13 ans, en classe de CM2 à l’École primaire publique (EPP) 3 de Gomon.
La jeune fille est décédée le 19 juin des suites d’une infection provoquée par les violences subies, à la suite d’une prise en charge médicale jugée inadéquate, a précisé le responsable du RIDDEF. Selon lui, la victime avait dénoncé les faits à ses parents après qu’un autre cas similaire a été porté à la connaissance de la chefferie du village.
L’auteur présumé des faits a été interpellé par les éléments de la brigade de gendarmerie de Sikensi avant d’être déféré au parquet de Tiassalé, où il attend son jugement.
M. Gnoflé a indiqué que les auteurs présumés de viols et d’attouchements sur des filles mineures appartiennent à diverses catégories socioprofessionnelles, notamment des fonctionnaires, des commerçants et des personnes sans emploi, âgés de 20 à 50 ans.
Face à cette situation, il a invité les populations, en particulier les parents, à dénoncer systématiquement tout cas de violences basées sur le genre auprès des forces de sécurité, afin de permettre l’ouverture de procédures judiciaires.
Il a également annoncé le projet d’ouverture prochaine d’un bureau d’écoute à Sikensi, avec l’appui de partenaires, en vue d’assurer un meilleur accompagnement des victimes et le suivi des dossiers.
Le président de la délégation du RIDDEF a souligné travailler en étroite collaboration avec les autorités administratives et sécuritaires, ainsi qu’avec les services du centre social et de l’hôpital général de Sikensi.
Le préfet de Sikensi, Kra Siallou, avait déjà interpellé les populations sur la recrudescence des violences basées sur le genre lors de la cérémonie mensuelle de salut aux couleurs, organisée le 6 juillet 2026 à la direction départementale de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique.
(AIP)
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