Abidjan, 1er déc 2025 (AIP) – La lutte contre le VIH a franchi une étape décisive en 2025 avec l’introduction du lénacapavir injectable, un traitement administré deux fois par an et désormais approuvé pour la prévention du VIH, malgré une contraction préoccupante de l’aide internationale.
Dans un communiqué publié lundi 1er décembre 2025 à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté les gouvernements à accélérer l’accès à ce nouvel outil prophylactique, dans le but de réduire les nouvelles infections et d’atténuer les perturbations causées par la diminution des financements extérieurs.
En juillet dernier, l’OMS a intégré le lénacapavir dans ses directives comme option supplémentaire de prophylaxie pré-exposition (PrEP). Cette recommandation intervient dans un contexte difficile où de nombreux pays subissent une réduction brutale des programmes communautaires, pourtant indispensables pour la prévention, le dépistage et le traitement, particulièrement auprès des populations vulnérables comme les personnes qui s’injectent des drogues. L’agence onusienne estime que l’accès aux traitements antirétroviraux a fortement diminué en 2025.
Selon la Coalition pour la promotion d’un vaccin contre le sida, 2,5 millions d’usagers de la PrEP ont perdu l’accès à leurs médicaments cette année en raison des coupes budgétaires. L’OMS avertit que ces perturbations pourraient compromettre l’objectif ambitieux d’éliminer le sida d’ici 2030.
Pour faciliter l’accès à ce traitement innovant, l’agence onusienne a préqualifié le lénacapavir le 6 octobre 2025, ouvrant la voie à des autorisations réglementaires en Afrique du Sud, en Zambie et au Zimbabwe. L’organisation collabore étroitement avec le Fonds mondial, Unitaid et la Fondation Gates pour garantir un prix abordable dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Face à la stagnation inquiétante de la prévention – avec 1,3 million de nouvelles infections recensées en 2024 – l’OMS souligne que le leadership communautaire, le renforcement des systèmes de santé et une augmentation significative des investissements nationaux seront essentiels pour éviter un recul des acquis et garantir que « personne ne soit laissé pour compte ».
(AIP)
Eaa/kp

