Abidjan, 20 fev 2026 (AIP)- Près de deux mois après la capture de Nicolas Maduro lors d’une opération militaire des États-Unis au Vénézuéla, une loi d’amnistie permettant la libération des détenus politiques a été approuvée par l’Assemblée nationale, jeudi 19 février, à Caracas, puis immédiatement promulguée par la présidente par intérim, Delcy Rodriguez.
« Il faut savoir demander pardon et il faut aussi savoir recevoir le pardon », a notamment déclaré Delcy Rodriguez après avoir signé le texte qui couvre des faits s’étant produits au cours de treize périodes précises. Si en sont exclus les personnes ayant commis des « violations graves des droits de l’homme, crimes contre l’humanité, homicides, trafic de drogue ou infractions de corruption », celles qui ont « promu, instigué, sollicité, invoqué, favorisé, facilité, financé ou participé à des actions armées contre le Venezuela », ne pourront pas non plus en bénéficier.
Promise sous la pression américaine par Delcy Rodriguez, l’adoption de cette loi après deux reports a donné lieu à des applaudissements de soulagement, parmi les proches des détenus qui ont suivi les débats avec fébrilité sur des téléphones portables. « Je suis heureuse et pleine d’espoir, mais toujours sur le qui-vive, parce que tant que nous ne les verrons pas dehors, nous n’allons pas cesser de lutter », a affirmé Petra Vera, qui campe avec son mari devant la prison de la Zona 7, à Caracas, où son beau-frère est incarcéré.
L’amnistie couvre des faits qui se sont produits pendant treize périodes précises (manifestations et répression) alors que certains espéraient qu’elle couvre entièrement la période 1999-2026 et les présidences de feu Hugo Chavez (1999-2013) et Nicolas Maduro (2013-2026). Alors que le pouvoir évoquait à plusieurs reprises la participation à des « faits violents », l’opposition a fait changer le texte pour évoquer la participation à des « manifestations et faits violents ». La loi prévoit aussi que les exilés pourront mandater des personnes devant la justice et « qu’après le dépôt de la demande d’amnistie, la personne ne pourra pas être privée de liberté pour les faits prévus par la présente loi », indique le texte.
Comme prévu, la loi ne bénéficiera pas aux personnes ayant commis des « violations graves des droits de l’homme, crimes contre l’humanité, homicides, trafic de drogue, infractions de corruption ». Mais elle exclut aussi les personnes ayant « promu, instigué, sollicité, invoqué, favorisé, facilité, financé ou participé » à des « actions armées » contre le Venezuela, ce qui pourrait priver de la mesure de nombreux membres de l’opposition dont sa cheffe et Nobel de la Paix, Maria Corina Machado, qui ont soutenu l’intervention américaine du 3 janvier.
Selon l’avocate spécialiste des cas politiques, Jackeline Sandoval, « il y aura une commission qui évaluera certains cas. Au final, ce seront les tribunaux qui décideront. Par conséquent, aucun policier ni militaire ne sortira de prison dans l’immédiat ». Et ce, alors que des dizaines de militaires et policiers accusés de comploter sont derrière les barreaux. « Il n’est pas inutile de rappeler que l’histoire est en train de s’écrire en ce moment même », avait écrit sur X avant l’adoption de la loi Gonzalo Himiob, directeur de Foro Penal, qui défend les prisonniers politiques. Selon cette ONG, le pouvoir a fait libérer quelque 450 prisonniers politiques, mais plus de 600 restent derrière les barreaux. L’amnistie doit aussi éteindre les actions judiciaires contre les personnes en liberté conditionnelle.
La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui a cédé à Washington le contrôle du pétrole et amorcé une normalisation des relations bilatérales avec les Etats Unis rompues en 2019, a aussi promis une réforme judiciaire après avoir fait approuver une nouvelle loi sur les hydrocarbures ouvrant le secteur au privé.
(AIP)
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