Abidjan, 24 nov 2025 (AIP) – L’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) appelle à la libération de 48 « détenus d’opinion » incarcérés à la suite des manifestations organisées en juin contre le pouvoir togolais, rapportent lundi 24 novembre 2025 des médias internationaux.
Ces « 48 personnes sont emprisonnées simplement pour avoir exercé leur liberté d’expression ou leur droit de manifester », dénonce l’ACAT, qui fait également état de cas de tortures et les qualifie de « prisonniers d’opinion ».
Le responsable des programmes Afrique d’ACAT-France, Clément Bourstin, regrette pour sa part le « silence dangereux » de la communauté internationale, accusant l’Union européenne, la France et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) de privilégier la stabilité diplomatique au détriment de la défense des droits humains.
Des manifestations avaient éclaté au Togo, notamment à Lomé, pour protester contre la nouvelle Constitution promulguée le 3 mai. Le texte fait de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, le président du Conseil des ministres, un poste qui lui confère désormais le pouvoir exécutif.
Ces mobilisations ont été largement impulsées sur les réseaux sociaux, par des artistes et blogueurs, dont le chanteur Tchala Essowè Narcisse, alias Aamron, arrêté par la gendarmerie le 26 mai.
Des organisations de défense des droits humains et la société civile avaient recensé sept morts dont les corps ont été retrouvés dans des cours d’eau à Lomé, ainsi que des dizaines de blessés, tandis que la gendarmerie ne reconnaît que deux décès « survenus par noyade ».
Le poste de président du Conseil des ministres, auquel a accédé M. Gnassingbé grâce à la majorité de son parti, l’Union pour la République (UNIR), à l’Assemblée nationale, lui permet désormais de déterminer et de conduire la politique de la Nation.
(AIP)
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