Abidjan, 8 août 2025 (AIP) – Face à la convergence des crises sécuritaires, humanitaires et climatiques qui frappent le Sahel, les femmes et filles subissent un calvaire croissant, a dénoncé avec vigueur jeudi 7 août 2025 devant le Conseil de sécurité de l’ONU, la directrice exécutive d’ONU-Femmes, Sima Bahous.
« Au Sahel, où convergent les crises les plus graves de notre époque, ce sont les femmes et les filles qui paient le plus lourd tribut », a déploré la responsable onusienne. Dans cette région en proie au terrorisme, aux déplacements forcés massifs et à l’effondrement progressif des institutions, les violences de genre explosent. Des mariages précoces forcés, des enlèvements systématiques, l’exclusion scolaire généralisée et des agressions sexuelles se banalisent dangereusement.
La situation atteint des proportions dramatiques dans les pays les plus touchés. Au Burkina Faso, symbole de cette descente aux enfers, les enlèvements de femmes ont doublé en seulement 18 mois, selon l’organisation onusienne, ajoutant qu’au Mali comme au Niger, les écoles ferment en cascade, privant des milliers de filles d’éducation, tandis que les programmes d’autonomisation féminine sont suspendus faute de sécurité. Les ministères chargés de l’égalité des sexes, déjà fragilisés, voient leurs budgets amputés alors que les besoins explosent.
Le changement climatique vient exacerber cette crise multiforme. La raréfaction des ressources en eau contraint les femmes à parcourir des distances toujours plus longues pour s’approvisionner, les exposant à de nouveaux risques d’agression et de violence. Cette vulnérabilité accrue s’inscrit dans un cercle vicieux où insécurité et dégradation environnementale se nourrissent mutuellement, explique la responsable de ONU-Femmes.
Toutefois, assure-t-elle, des signes encourageants émergent çà et là de cette désolation. Au Tchad, les femmes occupent désormais 34% des sièges parlementaires, témoignant d’une participation politique féminine en progression. Des initiatives communautaires locales ont également fait leurs preuves en matière de résolution de conflits et de renforcement de la gouvernance inclusive.
Ces acquis demeurent néanmoins précaires face à l’ampleur des défis. « Nous ne pouvons pas abandonner le Sahel », a lancé Sima Bahous, appelant la communauté internationale, à un soutien des femmes de cette région, « non par charité, mais parce qu’elles détiennent les clés d’un avenir meilleur pour leurs pays et leurs communautés », a-t-elle souligné.
Cette intervention intervient dans un contexte de retrait progressif de l’aide internationale dans plusieurs pays sahéliens, alors que les besoins humanitaires n’ont jamais été aussi criants.
(AIP)
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