Man, 15 mars 2025 (AIP)-Un pas vers l’autonomisation des femmes et jeunes filles rurales a été franchi dans la sous-préfecture de Koua (située dans le département de Facobly), avec un séminaire de renforcement des capacités, organisé du 13 au 14 mars 2025 à Klangbolably, sous l’égide de l’ONG « Cœur de Mère ».
Ce séminaire, dont le thème est, « La promotion de la femme en vue de son autonomisation à travers la lecture et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) », a réuni 300 femmes et jeunes filles de la sous-préfecture pour les former sur des enjeux cruciaux d’émancipation et de droits humains.
La lecture, un outil pour l’autonomisation

Lors du séminaire les participantes ont été instruites sur l’importance de la lecture dans l’autonomisation des femmes. « Une femme qui est dans le foyer, qui ne sait aucunement qu’elle a des droits et des devoirs, à travers la lecture elle peut avoir ces informations et prendre conscience de sa situation », a fait savoir la présidente de l’ONG « Cœur de Mère », Sohi Blesson Patricia.
Elle a expliqué que cette formation s’inscrivait dans un projet plus vaste de création d’une bibliothèque dans la sous-préfecture de Koua, avec 3000 livres qui seront offerts à la communauté. « À travers cette bibliothèque, nous espérons apporter à ces femmes un accès direct à la connaissance, qui est l’un des piliers de l’autonomisation », a ajouté Mme Sohi.
A l’occasion, ces femmes et jeunes filles ont été formées à la gestion d’une bibliothèque et de centre de lecture. Les sessions ont également porté sur les bénéfices de la lecture pour une femme, notamment pour prendre conscience de ses droits et de son potentiel. « Une femme qui lit est une femme qui s’affirme et qui sait ce qu’elle vaut dans la société », a souligné le formateur Akichi Valère. « Nous avons montré aux femmes comment la lecture peut les aider à être plus indépendantes, mais aussi à comprendre les mécanismes et les moyens mis en place par l’Etat pour les protéger. »
La lutte contre les violences basées sur le genre (VBG)
Le séminaire a également abordé la problématique des violences basées sur le genre (VBG), un sujet particulièrement pertinent pour les femmes rurales. « On ne savait pas que la femme avait aussi beaucoup de droits », a confié Gagné Vanessa, l’une des participantes, visiblement émue par les informations partagées. « Cette formation m’a ouvert les yeux sur les mécanismes qui peuvent m’aider à protéger mes droits en tant que femme », a-t-elle poursuivi.

M. Akichi dans son intervention, a précisé, ‘’nous avons insisté sur le fait que les VBG constituent un grand fléau pour la société. Beaucoup de femmes, en raison de leur ignorance, sont victimes de violences parce qu’elles ne connaissent pas leurs droits. L’objectif est que ces femmes prennent conscience et qu’elles puissent se défendre lorsqu’elles sont confrontées à de telles situations’’.
Les échanges ont permis de souligner l’importance de l’alphabétisation, qui reste un défi majeur dans cette région. « Il est essentiel que les femmes sachent lire et écrire pour pouvoir accéder à l’information, signaler les abus et, surtout, comprendre les dispositifs de protection qui existent », a expliqué M. Akichi. L’alphabétisation est donc perçue comme un moyen d’autonomisation, permettant aux femmes de développer un esprit critique et d’apprendre à exprimer leurs besoins et préoccupations.

Un appel à l’action pour les femmes de Koua
À la fin de la formation, une détermination commune s’est dégagée parmi les participantes. « Levez vous, soyons débout car nous avons notre mot à dire dans toutes les décisions de notre localité», a lancé la présidente de l’ONG initiatrice dudit séminaire, interpellant ainsi ses sœurs de la sous-préfecture.
Mlle Gagné Vanessa a également encouragé ses consœurs. « Ce séminaire nous a montré que, même si nous travaillons dans les champs, il est indispensable de savoir lire et écrire pour faire valoir nos droits. L’accès à l’information nous rend plus fortes », a-t-elle souligné.
La délégation de l’UNESCO présente lors du séminaire a exprimé son soutien à cette initiative. Elle a affirmé avoir pris bonne note du besoin exprimé par les femmes à apprendre à lire et écrire.
Ce séminaire s’est conclu sur une note d’espoir et de solidarité, avec l’engagement des femmes de la sous-préfecture de Koua, à utiliser leurs nouvelles connaissances pour transformer leur quotidien.
(AIP)
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