Abidjan, 27 nov 2025 (AIP) – La 4ᵉ édition de « L’art dans la rue », prévue du 2 au 7 décembre 2025 à Treichville, sur l’avenue 22 – rue 20 barrée, autour du thème « Art et écologie : vers une culture durable et responsable », va mettre l’accent sur la réutilisation des déchets et la protection de l’environnement, a annoncé le mercredi 26 novembre à Abidjan, son commissaire général, l’artiste peintre et sculpteur Mamadou Ballo.
Événement artistique écoresponsable, « L’Art dans la Rue » valorise la création à partir de matériaux recyclés et se veut un espace de sensibilisation du public à l’art et à l’écocitoyenneté.
Selon Mamadou Ballo, le festival est devenu en trois éditions un symbole de l’alliance entre culture, environnement et éducation. Depuis 2022, l’événement a réuni plus de 15 artistes de divers pays, formé des centaines de jeunes et créé une véritable plateforme d’expression pour l’art engagé et le recyclage créatif, a-t-il rappelé.
Le programme 2025 prévoit des ateliers de peinture et de sculpture, des expositions, des performances artistiques, une parade écoresponsable et des visites de galeries. La parade d’ouverture présentera des tenues réalisées exclusivement à partir de déchets recyclés, illustrant la démarche de transformation créative portée par le festival.
Pour M. Ballo, cette 4ᵉ édition vise avant tout à sensibiliser le public sur les méfaits de ce qu’on jette dans les poubelles, soulignant que ces déchets finissent souvent « dans la nature, à la décharge, dans la mer ou la lagune ». Il souhaite démontrer que ces objets peuvent être réutilisés tels quels pour créer.
« Ce ne sont pas des déchets, mais des objets qui ont une seconde vie. Si chacun pouvait les réutiliser pour fabriquer des œuvres ou des objets décoratifs, la planète se porterait beaucoup mieux », a-t-il expliqué.
L’artiste met aussi en avant la vocation pédagogique du projet. « Beaucoup de personnes ne fréquentent pas les musées. L’idée est d’apporter l’art à la population et de créer un échange direct avec elle. Ce qui se passe ici ne s’explique pas, ça se vit », a-t-il confié.
L’édition accueillera dix artistes, dont cinq internationaux venus de France, du Burkina Faso et du Nigeria. La nouveauté pour cette année est l’intégration de la photographie reconnue par Ballo comme « une forme d’art capable de transmettre des émotions au même titre que les autres disciplines ».
Espérant dépasser les 3 000 visiteurs enregistrés précédemment, M. Ballo souligne que l’art peut être un levier de sensibilisation environnementale et un moteur d’innovation sociale. Il appelle enfin la population à se mobiliser. « Comme on dit en Afrique, le tam-tam ne se joue pas lui-même. Nous avons besoin du public. Qu’il vienne découvrir », a-t-il appelé.
(AIP)
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