Abidjan, 18 juin 2026 (AIP) – Le Comité international pour l’aide d’urgence et le développement (CIAUD) et le Projet de développement et d’amélioration de la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire (MOUVAGRI) ont franchi, jeudi 18 juin 2026 à Abidjan-Cocody Riviera, une étape importante dans la lutte contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire et l’exclusion sociale, à travers la signature d’un protocole d’accord destiné à renforcer l’accompagnement des communautés vulnérables.
Au-delà d’un simple cadre de coopération institutionnelle, cet accord se veut un levier de transformation sociale au profit des populations défavorisées, notamment les femmes, les jeunes, les demandeurs d’asile et les personnes affectées par les crises humanitaires.
Le mémorandum d’entente établit les bases d’une collaboration visant à répondre aux besoins encore insuffisamment couverts dans plusieurs localités du pays.
Les deux structures entendent conjuguer leurs expertises pour promouvoir la protection des personnes vulnérables, renforcer la sécurité alimentaire, favoriser l’inclusion sociale et développer des initiatives génératrices de revenus au sein des communautés.
Selon le coordinateur des pays côtiers du CIAUD, Guening Massama Kiliouto, les domaines d’intervention retenus couvrent notamment la lutte contre la pauvreté, la promotion de la scolarisation à travers la mise à disposition d’infrastructures et l’approvisionnement des cantines scolaires, le développement territorial local, le renforcement de la résilience communautaire, ainsi que la prévention de la violence et de la radicalisation des jeunes.
« Nous voulons promouvoir la protection des personnes vulnérables, renforcer la cohésion sociale entre les communautés et améliorer la disponibilité des produits locaux en quantité et en qualité afin de satisfaire les besoins des populations », a-t-il expliqué lors de la lecture du protocole.
Dans le cadre de cette collaboration, le CIAUD mettra à contribution son expertise en matière de collecte et d’analyse de données socio-démographiques, indispensables à une meilleure planification des actions de terrain.
L’organisation s’engage également à plaider pour une plus grande inclusion des demandeurs d’asile dans les programmes d’insertion sociale, d’éducation et d’autonomisation économique, tout en accompagnant la mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des projets.

De son côté, MOUVAGRI assurera, avec le CIAUD, la coordination des actions visant à répondre aux besoins de formation, de résilience et d’autonomisation des femmes et des jeunes.
La structure s’engage aussi à partager les résultats de ses programmes de sécurité alimentaire, à garantir la confidentialité des données mises à sa disposition et à participer activement aux actions de plaidoyer en faveur des populations affectées.
Pour le directeur pays du CIAUD, Abdoulaye Touré, cette alliance répond à l’ampleur des défis observés dans les zones d’intervention de l’organisation.
« Nous avons eu des échanges avec MOUVAGRI dans le but d’unir nos deux organisations et de voir ensemble ce que nous pouvons faire dans les domaines du développement et de l’humanitaire », a-t-il indiqué.
Présent dans le nord de la Côte d’Ivoire depuis 2022, le CIAUD travaille avec plusieurs agences des Nations Unies, notamment le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).
Selon M. Touré, les besoins croissants des populations imposent désormais une synergie d’actions entre les organisations internationales et les structures nationales afin d’apporter des réponses durables aux difficultés rencontrées dans les différentes communautés.
Le gérant de MOUVAGRI, Tia Gueu Rock, a pour sa part insisté sur le rôle stratégique de l’agriculture dans la création d’emplois et l’insertion sociale des populations fragilisées.
Fort de plusieurs années d’expérience dans la production agricole, il a déploré la réduction progressive des terres cultivables au profit des lotissements et des constructions, tout en soulignant que l’agriculture demeure une opportunité majeure pour les jeunes en quête d’emploi.
« L’agriculture est un bon levier pour se créer une place au soleil », a-t-il affirmé, estimant que ce partenariat permettra d’accompagner aussi bien les jeunes des zones rurales que les déplacés de guerre et les réfugiés dans leur processus d’insertion économique.
Le responsable de MOUVAGRI a également mis en avant l’évolution des techniques agricoles modernes, capables d’améliorer considérablement les rendements dans les domaines de l’élevage et des cultures vivrières.
Pour lui, la formation des populations rurales à ces nouvelles méthodes constitue un enjeu essentiel pour accroître la productivité agricole et renforcer durablement la sécurité alimentaire.
À travers cette convention, les deux organisations affichent leur ambition commune de bâtir des communautés plus résilientes, capables de transformer les défis sociaux et économiques en opportunités de développement durable.
Le CIAUD est une ONG canadienne qui intervient auprès des populations vulnérables touchées par les crises humanitaires, notamment les famines, les conflits et les catastrophes.
Sa mission consiste à apporter une assistance d’urgence tout en accompagnant les communautés vers l’autonomie et la résilience à travers des actions de développement durable.
MOUVAGRI SARL est une structure engagée dans la promotion de l’agriculture comme levier de développement économique et de cohésion sociale.
Elle intervient dans la production, la transformation et la commercialisation de produits agricoles, tout en favorisant la formation et l’insertion socio-professionnelle des jeunes, des femmes, des orphelins et d’autres personnes en situation de vulnérabilité.
En associant expertise humanitaire, innovation agricole et inclusion sociale, ce partenariat pourrait ainsi devenir un modèle d’intervention au service des populations les plus vulnérables de Côte d’Ivoire.
(AIP)
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