Tafiré (Niakara), 13 mai 2025 (AIP) –Le Néré ou Parkia biglobosa, arbre emblématique des savanes ivoiriennes, incarne bien plus qu’un simple végétal dans le quotidien des populations de Niakara, notamment à Tafiré (Centre-nord, région du Hambol).
Utilisé aussi bien pour l’alimentation que pour les soins, le Néré est célébré pour ses nombreuses vertus nutritionnelles, médicinales et sociales.
« Le Néré soigne, nourrit et fait vivre des familles entières », résume Mme Massandjé Ouattara, transformatrice de soumbara (condiment à base de graines fermentées de Néré) et de farine jaune, deux produits dérivés de cet arbre vénéré.
Les fruits du Néré, transformés en farine ou en soumbara, constituent une source exceptionnelle de nutriments. « La farine jaune est très riche en protéines, calcium et fer. Elle est particulièrement recommandée pour les enfants et adolescents souffrant de carences alimentaires », explique-t-on localement. Elle entre dans la préparation de bouillies, sauces et autres mets traditionnels, contribuant efficacement à la lutte contre la malnutrition.
Des recherches scientifiques relayées par la biologiste ivoirienne Annick Tahiri sur le portail Scidev.net confirment cette richesse. Les graines du Néré contiennent une concentration élevée de protides, lipides, glucides, iode et vitamines. Selon une étude de la FAO, en janvier 2016, 100 g de farine sèche de Néré apportent jusqu’à 432 calories, 36,5 g de protéines, 28,8 g de lipides et 378 mg de fer, ce qui en fait un aliment de haute valeur nutritive.
Au-delà de ses bienfaits nutritionnels, le Néré est un allié précieux dans la pharmacopée traditionnelle. « Le Néré est reconnu pour ses propriétés antinévralgiques, diurétiques, fébrifuges, toniques et antiseptiques », explique Apalo Koné, tradipraticien à Niakara. Écorces, feuilles et graines sont utilisées dans le traitement de diverses affections, allant des douleurs articulaires aux infections intestinales.
Plus qu’un simple arbre, le Néré est aussi un symbole de cohésion sociale et de bénédiction. Il accompagne des rites initiatiques, des cérémonies communautaires et sert de repère identitaire dans plusieurs villages du Nord ivoirien. « C’est un arbre de vie, témoin silencieux de notre histoire et garant de notre équilibre socio-économique », confie un habitant de Tafiré.
Enraciné dans les traditions et porteur d’avenir, le Néré représente un pont entre les savoirs anciens et les défis contemporains de sécurité alimentaire, de santé communautaire et de développement durable.
(AIP)
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