Abidjan, 18 juil 2025 (AIP)- Le projet JSB2024_CIV visant à soutenir d’urgence les femmes et les jeunes vulnérables dans les communautés d’accueil des demandeurs d’asile a été officiellement lancé le vendredi 18 juillet 2025 à Abidjan, en présence de l’ambassadeur du Japon, de la représentante résidente d’ONU Femmes, de représentants du gouvernement ivoirien ainsi que des membres du comité de pilotage du projet et du Conseil national de sécurité.
Il répond à l’aggravation de la crise sécuritaire au Sahel et à ses répercussions croissantes en Côte d’Ivoire. Doté d’un budget de 500 000 dollars US, financé par le gouvernement japonais dans le cadre de son budget supplémentaire 2024, le projet sera mis en œuvre sur une période d’un an, d’avril 2025 à mars 2026, dans les régions du Bounkani, du Tchologo et du Haut-Sassandra.
Ces zones, en première ligne de l’afflux massif de demandeurs d’asile fuyant les violences au Burkina Faso, font face à une pression sans précédent sur leurs infrastructures, ressources et cohésion sociale.
Entre février et juillet 2024, le nombre de demandeurs d’asile en Côte d’Ivoire est passé de 38 497 à 53 942, avec 55,5% de femmes et de filles, selon les données officielles. Les autorités ivoiriennes craignent que cette dynamique, si elle n’est pas accompagnée, ne mène à une fragmentation du tissu social, à une montée des tensions intercommunautaires et à une recrudescence de la traite des êtres humains, notamment à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre.
Dans ce contexte, le projet JSB2024_CIV entend répondre à deux priorités, notamment la protection physique et mentale des femmes, et leur autonomisation économique. Il prévoit la participation de 8 500 femmes à des systèmes d’alerte précoce à travers des technologies de communication adaptées aux langues locales, ainsi qu’un accès partiel aux soins de santé communautaires via le numérique.
Des unités de transformation agroalimentaire, gérées par des associations féminines, seront équipées et accompagnées en formation. Des systèmes d’irrigation solaire seront mis à disposition des femmes rurales pour renforcer leur autonomie. En parallèle, des groupes communautaires mixtes seront mis en place pour appuyer la cohésion sociale à l’échelle locale.
« Le Japon souhaite contribuer à la stabilité et à la paix sociale en Côte d’Ivoire à travers ce projet multisectoriel, qui améliore à la fois la sécurité, l’accès à la santé et les revenus des populations vulnérables », a déclaré l’ambassadeur du Japon, Gomakubo Junji.
La représentante d’ONU Femmes en Côte d’Ivoire, Adjaratou Fatou Ndiaye, a pour sa part rappelé que ce projet constitue « une réponse concrète à une crise silencieuse », en mettant « les femmes au cœur des solutions » pour reconstruire leur autonomie et renforcer la cohésion sociale.
Au nom de la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, le directeur de la promotion du genre, Kouamé Kouadio Issoufou, a salué ce projet « porteur d’espoir » pour les femmes et les communautés affectées, en insistant sur la nécessité de réponses « durables, inclusives et transformatrices ».
Ce nouveau programme intervient après le succès de la première phase (JSB2023), qui avait déjà permis d’apporter une réponse coordonnée dans les régions du Nord. Face à l’élargissement des zones affectées, passées de deux à neuf régions, soit 254 localités, la nouvelle initiative s’annonce plus ambitieuse et mieux structurée.
(AIP)
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