Yamoussoukro, 12 avr 2026 (AIP) – L’ONG Aube Nouvelle a opéré une mutation stratégique en se transformant en mouvement citoyen engagé dans la vie publique, à l’issue de sa convention nationale tenue samedi 11 avril 2026 à Yamoussoukro, marquant ainsi un nouveau positionnement axé sur une participation active au débat démocratique en Côte d’Ivoire.
Réunis en convention, les délégués ont acté cette transformation, désormais orientée vers l’animation de la vie politique et la contribution aux réformes institutionnelles, tout en affirmant leur ambition de peser sur les grandes orientations nationales.
Ce repositionnement s’appuie sur une charte de valeurs fondée sur l’intégrité, la justice sociale, la transparence, la non-violence et le respect de l’État de droit. Le mouvement se veut réformateur et inclusif, avec pour objectif de promouvoir une gouvernance éthique et de renforcer la cohésion nationale.
Dans cette dynamique, Aube Nouvelle entend également prendre part aux grands rendez-vous politiques, en misant sur l’émergence de nouveaux profils et sur la mobilisation citoyenne. Elle prévoit, à cet effet, l’élaboration d’un projet de société à l’horizon 2030, intégrant des priorités telles que la réconciliation nationale, la justice équitable et le développement inclusif.
La convention a, en outre, mis l’accent sur la promotion de la démocratie participative, à travers des consultations citoyennes, des forums de redevabilité et une campagne de sensibilisation au vote en direction des jeunes et des populations.
S’exprimant en marge des travaux, le premier responsable du mouvement, Vincent Toh Bi, a justifié cette réorientation par la nécessité d’adapter l’action du mouvement aux évolutions du contexte national après cinq années d’activités de terrain.
« Il était important d’analyser le contexte général et de définir une nouvelle orientation pour participer à la vie publique en Côte d’Ivoire », a-t-il expliqué, soulignant que les actions menées jusque-là, notamment en matière de sensibilisation et de propositions de réformes, relevaient déjà de la sphère politique.
Selon lui, cette transformation vise à lever toute ambiguïté sur la nature des activités du mouvement et à assumer pleinement son rôle dans le débat public. « Il ne faut pas rester à la périphérie de la vie institutionnelle. Si vous avez des idées, vous devez entrer dans le cœur de la vie politique pour contribuer aux changements », a-t-il insisté.
Le choix de la date du 11 avril, a-t-il ajouté, se veut symbolique, avec l’ambition de dépasser les clivages et de promouvoir un discours apaisé en faveur de la réconciliation nationale.
Le responsable d’Aube Nouvelle a également mis en garde contre la faible participation des citoyens à la vie publique, évoquant des taux de participation électorale jugés préoccupants dans certaines localités. « Cette désaffection est un signal d’alerte. Il faut susciter un regain d’intérêt pour les débats publics, les élections et les décisions politiques », a-t-il affirmé.
Dans cette optique, le mouvement entend structurer et encourager l’engagement citoyen à tous les niveaux, au-delà des échéances électorales, en impliquant davantage les populations dans les processus décisionnels.
Se défendant de toute affiliation idéologique classique, Aube Nouvelle revendique une approche pragmatique centrée sur le développement, la justice, l’intégrité et l’efficacité des politiques publiques.
Quant aux perspectives, le mouvement prévoit d’intensifier ses actions de terrain, considérées comme essentielles pour comprendre les réalités locales et proposer des solutions adaptées. « Le terrain, le terrain, le terrain », a martelé M. Toh Bi, insistant sur la nécessité d’une proximité constante avec les populations.
Sans se constituer formellement en parti politique, Aube Nouvelle affirme ainsi sa volonté de s’imposer comme un acteur citoyen influent, engagé dans la transformation démocratique du pays et prêt, à terme, à assumer des responsabilités dans la gestion des affaires publiques.
(AIP)
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