Niakara, 21 avr 2025 (AIP) – Les fidèles catholiques de Niakara ont rendu, dimanche 20 avril 2025, un hommage aux premiers chrétiens de la région du Hambol, assassinés dans les années 1930 en raison de leur foi.
Parmi eux, figurent Albert N’dri, catéchiste originaire de Fronan, et quatre autres chrétiens de Niakara, martyrs de l’évangélisation dans le Centre-Nord de la Côte d’Ivoire.
L’hommage a été rendu à l’issue de la messe pascale célébrée à l’église Saint-Joseph de Niakara. Une nonagénaire, témoin des débuts de l’évangélisation, a rappelé que « le catéchiste Albert N’dri et quatre chrétiens catholiques de Niakara ont été victimes de ce qui mérite d’être considéré comme un meurtre ».
Dans un entretien accordé à l’AIP, le père Félix Gninnantchinni Coulibaly, curé de la cathédrale Sainte-Jeanne d’Arc de Katiola et vicaire général du diocèse, a précisé que ces violences visaient particulièrement les traducteurs des missionnaires. « Tuer le catéchiste, c’était stopper l’annonce de l’Évangile », a-t-il expliqué, soulignant le rôle central d’Albert N’dri dans la diffusion du message chrétien.
Formé en 1937 à Niakara, aux côtés de Joseph Nadjolo et Pascal Nakatala, Albert N’dri a été empoisonné à la fin des années 1930 par des individus hostiles à la présence missionnaire.
Le souvenir d’autres martyrs reste également vivace dans la mémoire collective locale. Quatre nouveaux convertis à savoir Antoine Pédoula, Bernard Pénatchini, Victor Odjého et Eugène Kiwêyo ont péri dans un incendie inexpliqué alors qu’ils transportaient de la paille destinée à la construction d’une chapelle. Le feu, survenu dans la broussaille, demeure « aussi mystérieux qu’inexplicable »», selon des témoignages.
En reconnaissance de leur sacrifice, le diocèse de Katiola a attribué le nom d’Albert N’dri à son centre diocésain d’accueil et de formation. Toutefois, à ce jour, aucun dossier de béatification n’a encore été introduit pour ces figures considérées comme pionnières de l’évangélisation dans le Hambol.
« La communauté catholique doit faire quelque chose en mémoire de ces martyrs », a plaidé Henri Koné, 56 ans, appelant à un engagement plus fort pour la reconnaissance de ces témoins de la foi.
(AIP)
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