Taï, 15 fév 2026 (AIP) – Les acteurs de la filière viande bovine tirent la sonnette d’alarme sur l’état préoccupant des abattoirs de Zagné et de Taï, où les conditions d’hygiène et de sécurité menacent la santé publique, tout en plaidant pour une intervention urgente des autorités afin de protéger les consommateurs et sécuriser la filière.
À Zagné, l’abattoir délabré présente des risques majeurs tels que l’absence d’eau potable, l’utilisation d’eaux de ruissellement pour laver la viande, l’assainissement irrégulier et environnement insalubre. « Nous craignons de faire face, un jour ou l’autre, à des cas d’intoxication alimentaire », alerte une vendeuse de sandwichs, Delphine Yéhé, qui appelle à des mesures rapides pour rendre l’abattoir plus sain.
Malgré la construction récente d’un mur par le conseil régional du Cavally, les bouchers et agents des ressources animales jugent la sécurité insuffisante. La monitrice de production végétale et animale, Sabine Kouassi, estime que l’idéal serait de déplacer l’abattoir hors du centre-ville, afin de réduire les risques pour les passants et protéger la viande de la poussière routière.

À Taï, la situation n’est guère meilleure. Le puits existant, non couvert, expose la viande à une contamination permanente. L’assainissement reste insuffisant et des déchets d’abattage sont entreposés sous le hangar. « Une intervention des autorités serait salutaire pour réduire les risques sanitaires », confie un vétérinaire.
Selon la direction départementale des Ressources animales et halieutiques, la demande en protéines animales est croissante dans le département, déjà soumis à une surveillance stricte contre la consommation de viande de brousse et confronté à une production locale insuffisante.
Face à cette pression, les acteurs de la filière appellent à des investissements urgents pour moderniser les infrastructures d’abattage, condition essentielle pour garantir la sécurité alimentaire et accompagner le développement de la région.
(AIP)
mca/ja/kp

