Abidjan, 30 déc 2025 (AIP) – L’économie ivoirienne continue d’afficher une croissance solide en 2025, avec un produit intérieur brut (PIB) projeté à 6,5%, contre 6,0% en 2024. Cette performance repose sur la mise en œuvre du Plan national de développement (PND) 2021-2025 ainsi que sur le dynamisme soutenu des secteurs secondaire et tertiaire.
Selon le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, l’inflation se situerait à 1,8% en 2025, bien en deçà des 3,5% enregistrés en 2024, tandis que le déficit budgétaire serait contenu à 3,0% du PIB, contre 4,0% l’année précédente. Le pays maintient ainsi une inflation inférieure au seuil communautaire de 3%.
En 2025, le risque de surendettement demeure modéré grâce à la solidité du système bancaire et à la politique monétaire prudente de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). La dette publique devrait légèrement diminuer en proportion du PIB tout en restant soutenable.
Au titre des notations souveraines, Fitch Ratings a relevé, en décembre 2025, la note de la Côte d’Ivoire à « BB » avec perspective stable, saluant la robustesse de la croissance et la diversification de l’économie nationale.

Une mise en œuvre satisfaisante du PND 2021-2025
Les rapports annuels de mise en œuvre du PND 2021-2025 font état de performances macroéconomiques globalement satisfaisantes, avec des taux de croissance de 7,1% en 2021, de 6,2% en 2022, de 6,5% en 2023, et des projections de 7,2% en 2024 et de 7% en 2025. La ministre du Plan et du Développement, Nialé Kaba, a confié que des progrès notables ont été réalisés dans plusieurs domaines clés, notamment l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’éducation et la santé.
Le PND 2021-2025 vise à doubler le PIB par habitant d’ici 2030 et à hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Les résultats encourageants obtenus jusqu’à présent laissent entrevoir des perspectives économiques prometteuses.
Le dynamisme des secteurs secondaire et tertiaire
Le portail d’information et de promotion de l’économie ivoirienne relève une progression soutenue du secteur secondaire. Selon les projections macroéconomiques, celui-ci devrait enregistrer une croissance d’environ 8% en 2025, portée par l’ensemble de ses branches, notamment l’extraction minière (+8,7%), les produits pétroliers (+5,8%), l’énergie, les industries agroalimentaires et les bâtiments et travaux publics (BTP).
Le secteur tertiaire poursuit également sa dynamique positive, avec une croissance estimée à 6,7% en 2025. Cette performance est tirée par les transports, les télécommunications, le commerce et les autres services.
L’envolée des prix des produits agricoles : une campagne café-cacao 2025-2026 sous de bons auspices

La campagne principale de commercialisation café-cacao 2025-2026 a enregistré une embellie significative. Le prix bord champ du cacao a été fixé à 2 800 FCFA le kilogramme, tandis que celui du café s’établit à 1 700 FCFA/kg.
Comparativement à la campagne principale 2024-2025, le prix du cacao a connu une hausse de 1 000 FCFA, passant de 1 800 à 2 800 FCFA/kg, ainsi qu’une augmentation de 600 FCFA par rapport à la campagne intermédiaire où il était fixé à 2 200 FCFA/kg. Le prix du café a également progressé de 200 FCFA, passant de 1 500 à 1 700 FCFA le kilogramme.
L’anacarde enregistre aussi une hausse du prix bord champ, fixé à 425 FCFA pour la campagne 2024-2025, soit une augmentation de 150 FCFA par rapport à la campagne 2023-2024 où il était de 275 FCFA.
En revanche, une baisse du prix payé aux producteurs d’hévéa a été constatée. Le prix minimum garanti était d’environ 425 FCFA/kg en 2024. En 2025, le prix de l’hévéa a fluctué, atteignant 442 FCFA/kg en janvier, 373 FCFA/kg en mai, 359 FCFA/kg en juin, puis 334 FCFA/kg en juillet et août, soit une baisse moyenne d’environ 75 FCFA/kg.
Des infrastructures routières, socio-économiques et éducatives livrées ou en chantier
La Côte d’Ivoire a alloué un budget de 703 milliards FCFA (environ 1,13 milliard USD) à la construction de nouvelles infrastructures et à la réhabilitation du réseau routier existant. Ces dotations concernent notamment le renforcement de 993 kilomètres de routes en service et la poursuite des projets inscrits dans le Programme d’Entretien Routier (PER) 2023-2025.
Plusieurs chantiers majeurs ont été achevés en 2025, dont l’échangeur d’Akwaba, livré en mars, et l’échangeur du Grand Carrefour de Koumassi, symbole de la coopération entre les États-Unis et la Côte d’Ivoire, ouvert à la circulation le 8 juin.
D’importants travaux sont toujours en cours, notamment ceux de l’autoroute Y4, sections 2 et 3, reliant Ebimpé à l’autoroute du Nord et Songon au carrefour de Jacqueville.
De nouveaux postes de péage ont également été mis en service, notamment celui de Kotédougou sur la Nationale 1 en août 2025, ainsi que ceux de Katiola, Ebouassué, Éticôon-Tollakro et Lakota, ouverts en février 2025 sur les axes Bouaké–Katiola, Abengourou–Bondoukou et N’Douci–Divo–Gagnoa.
Sur le plan éducatif, plusieurs infrastructures ont été inaugurées, dont le lycée technique et professionnel d’Ebimpé et le lycée professionnel des métiers des énergies renouvelables de Yopougon. Par ailleurs, 19 lycées de proximité ont été achevés afin d’améliorer l’accès à l’enseignement secondaire, tandis que 60 centres d’alphabétisation ont été créés pour renforcer l’éducation de base des adultes et des jeunes.
Forums et conférences internationales, vitrines d’une Côte d’Ivoire locomotive régionale

La 7ᵉ édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SARA), tenue du 23 mai au 1er juin 2025, a permis la mobilisation de 406 milliards FCFA en contrats d’intention d’investissement, contre 403 milliards FCFA lors de l’édition 2023.
La 13ᵉ édition du forum économique CGECI Academy (29 et 30 septembre 2025), le forum sur la finance aquacole (2 et 3 septembre 2025), la 10ᵉ édition du Salon de l’architecture et du bâtiment (ARCHIBAT, du 11 au 15 avril 2025), ainsi que la 3ᵉ édition de la Foire du Made in Côte d’Ivoire (FOMCI 2025), tenue du 2 au 6 avril, se sont imposées comme des plateformes majeures de promotion de l’économie, de l’innovation et de la compétitivité des entreprises locales.
Enfin, la 60ᵉ Assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD) et la 50ᵉ Assemblée annuelle du Fonds africain de développement ont permis aux experts de plancher sur les stratégies visant à « tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement », tout en procédant à l’élection du nouveau président du Groupe de la BAD.
Perspectives : un budget 2026 en forte progression
Les députés membres de la Commission des affaires économiques et financières (CAEF) ont approuvé le 21 novembre 2025, le projet de budget de l’État pour l’exercice 2026, équilibré en ressources et en charges à 17 350,2 milliards FCFA, contre 15 339,2 milliards FCFA en 2025, soit une hausse de 13,1%.
Ce budget est structuré en 29 dotations et 158 programmes, dont 39 comptes spéciaux du Trésor, répartis entre les différentes institutions et ministères.
Pour 2026, le gouvernement prévoit un budget historique de 17 350 milliards FCFA, financé par une fiscalité améliorée et orienté vers les secteurs sociaux et l’investissement productif, tout en poursuivant l’augmentation de la pression fiscale. Une attention particulière sera accordée aux dépenses sociales, à la réduction de la pauvreté, à la protection de l’environnement et à la consolidation des investissements dans les secteurs porteurs de croissance.
(AIP)
apk/bsp/tad/cmas

