Bouaké, 25 fév 2026 (AIP)- Le Centre de recherche politique d’Abidjan (CRPA) a organisé, mardi 24 février 2026, dans les locaux du pôle régional de formation et de développement des entreprises de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, à Bouaké, un atelier de formation à l’intention de 30 femmes leaders communautaires, en vue de renforcer leur rôle dans la prévention de l’extrémisme violent.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet « Femmes, désinformation et extrémisme violent », mis en œuvre dans quatre localités, à savoir Abidjan, Bouaké, Odienné et Bouna. Le projet prévoit l’organisation d’un atelier de renforcement des capacités dans chacune de ces villes, avec la participation de 30 femmes leaders par localité, soit 120 bénéficiaires au total.
À Bouaké, les participantes étaient composées d’élues locales, de responsables d’associations, de commerçantes et d’actrices de la société civile. La session portait sur le thème : « Femmes, désinformation et extrémisme violent : comprendre le phénomène de la désinformation pour mieux impliquer les femmes dans les stratégies de lutte contre l’extrémisme violent en Côte d’Ivoire ».
Selon le directeur du CRPA, Dr Flan Moquet César, l’objectif est de renforcer les capacités des femmes afin qu’elles prennent part aux stratégies communautaires de prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent, en particulier dans un contexte marqué par la circulation de fausses informations.
« Notre objectif est de renforcer les capacités de ces femmes leaders afin qu’elles prennent une part active dans la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent sur fond de désinformation. Nous avons développé deux modules pour leur permettre de comprendre le phénomène de la désinformation et de se positionner face à cette réalité. En tant que mères, éducatrices, responsables communautaires et actrices économiques, elles sont exposées à des vulnérabilités liées à la circulation de contenus trompeurs. En les outillant, nous contribuons à faire d’elles des remparts contre la radicalisation », a-t-il déclaré.

Il a indiqué que le choix de Bouaké tient à son statut de ville carrefour et de zone de convergence de populations issues de plusieurs régions et pays de la sous-région, ce qui en fait un espace stratégique en matière de prévention des discours extrémistes.
L’atelier a été structuré autour de deux modules. Le premier module, intitulé « Comprendre le phénomène de la désinformation », a été animé par Dr Konan, enseignant à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Il a défini la désinformation comme une information fausse créée et diffusée de manière intentionnelle pour tromper, manipuler l’opinion publique ou atteindre des objectifs politiques, financiers ou idéologiques. Il a également présenté la mésinformation, qu’il a décrite comme une information fausse ou trompeuse partagée sans intention de nuire, ainsi que la malinformation, qui renvoie à une information véridique utilisée hors contexte dans le but de porter atteinte à une personne ou à un groupe.
Le second module, intitulé « Femmes, remparts contre la montée de l’extrémisme violent sur fond de désinformation », a été animé par le directeur du CRPA. Il a insisté sur les stratégies et compétences à développer chez les femmes, notamment, l’analyse critique des contenus médiatiques, la vérification des sources d’information, la sensibilisation de proximité et le dialogue communautaire. Il a également abordé les mécanismes de radicalisation, le djihadisme et le terrorisme, ainsi que les méthodes de recrutement utilisées par certains groupes extrémistes.
Au terme de la formation, une émission radiophonique a été organisée en partenariat avec Radio Savannah, station communautaire locale. Deux bénéficiaires de l’atelier y ont pris part pour partager les connaissances acquises sur la désinformation et les dynamiques de l’extrémisme violent, ainsi que les engagements pris à l’issue des échanges. Cette initiative visait à élargir la portée du projet au-delà des participantes directes.
Le projet « Femmes, désinformation et extrémisme violent » entend répondre à la faible implication des femmes dans les stratégies communautaires de prévention de l’extrémisme violent, notamment dans la lutte contre la désinformation, identifiée comme un facteur dans les processus de radicalisation.
Selon les initiateurs, l’insuffisance de dispositifs adaptés pour renforcer le leadership des femmes, leurs compétences en matière d’analyse critique de l’information et leur capacité de mobilisation communautaire limite leur contribution à la résilience sociale. Le projet vise à renforcer ces capacités afin de faire des femmes des actrices de veille communautaire à travers l’analyse critique, le dialogue et l’action collective.
(AIP)
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