Abidjan, 24 mars 2026 (AIP) – La Chaire UNESCO Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions (CUEFPOD), le Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Agence nationale de la statistique (ANStat) ont dévoilé, mardi 24 mars 2026, les résultats préliminaires de l’Enquête nationale sur la masculinité en Côte d’Ivoire (EMASCI).
Ces chiffres ont été révélés à l’occasion de la 3ᵉ réunion du Groupe technique consultatif (GTC), en présence d’acteurs gouvernementaux, de chercheurs, d’organisations internationales et de représentants de la société civile.
Menée auprès de 2 796 individus issus de 1 530 ménages répartis sur les huit zones linguistiques du pays, l’EMASCI met en lumière trois enseignements majeurs : la persistance de normes sociales profondément ancrées, leur impact sur l’autonomisation économique des femmes, ainsi que la prévalence des violences basées sur le genre.
L’indice de masculinité s’établit à 57%, avec une fracture entre le Nord (65) et le Sud (53), tandis que 97% de la population assignent à l’homme le rôle de soutien financier. Dans ce contexte, les inégalités persistent, avec 73% des hommes en emploi contre 46% des femmes, 79% des décisions économiques prises par les hommes et un temps domestique de 7,3 heures pour les femmes contre 2,2 heures pour les hommes, alors que les violences de genre touchent 29% des femmes et 19% des hommes, et que près de 30% de la population les justifient.
La sous-directrice des Statistiques sociales et des ménages à l’ANStat, Doria Deza, qui a supervisé la collecte de données avec un taux de réalisation de 100% des ménages ciblés et un taux de réponse individuel de 91,4%, a souligné que cette étude vise à produire des données fiables afin d’orienter la conception de politiques publiques favorisant l’émergence d’une masculinité positive.
Pour sa part, la cheffe de la division Développement inclusif et Partenariats au Centre de développement de l’OCDE, Bathylle Missika, s’est félicitée de la disponibilité, pour la première fois, d’une photographie détaillée à l’échelle infranationale.

Représentant la titulaire de la Chaire UNESCO, Euphrasie Kouassi Yao, l’administrateur général de la CUEFPOD, Alexis Tchiakpé, a indiqué que ces résultats constituent une avancée majeure dans la compréhension des dynamiques de genre en Côte d’Ivoire.
« Ils offrent, pour la première fois, une base empirique solide pour concevoir des politiques publiques intégrant les hommes comme partenaires du changement vers l’égalité », a-t-il affirmé.
Au terme de la session, deux décisions majeures ont été adoptées, à savoir la transmission des résultats préliminaires à l’ensemble des membres du GTC pour une analyse approfondie, et l’organisation d’un atelier technique destiné à examiner et enrichir collectivement ces résultats en vue de leur validation.
Cet atelier devra également dégager des pistes de solutions concrètes pour corriger les normes restrictives mises en évidence par l’enquête.
(AIP)
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