Abidjan, 26 avr 2025 (AIP) – Amnesty International a appelé les autorités ivoiriennes à libérer « immédiatement et sans condition » l’enseignant syndicaliste Ghislain Duggary Assy, condamné à deux ans de prison pour avoir organisé une grève, dénonçant une violation grave des droits fondamentaux.
Dans un courrier adressé jeudi 24 avril 2025 au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Jean Sansan Kambilé, l’organisation de défense des droits humains qualifie l’arrestation et la détention de M. Assy contraires aux droits à la liberté d’expression, d’association et de grève, protégés par la Constitution ivoirienne et plusieurs conventions internationales.
« Appeler à la grève de manière pacifique ne constitue en aucun cas un crime », rappelle Amnesty International, soulignant que le mouvement de grève des 3 et 4 avril 2025 avait été précédé d’un préavis en bonne et due forme adressé au ministère de l’Éducation nationale.
L’organisation demande en outre l’annulation de la condamnation du syndicaliste, actuellement détenu au pôle pénitentiaire d’Abidjan, et s’inquiète des arrestations d’autres membres syndicaux dans le contexte du mouvement social.
Secrétaire à la communication du Mouvement des enseignants pour la dynamique de la dignité, Ghislain Duggary Assy avait été arrêté dans la nuit du 2 au 3 avril 2025 à son domicile par des hommes en cagoule, après son appel à une grève nationale pour revendiquer de meilleures conditions de travail pour les enseignants.
Selon Amnesty International Côte d’Ivoire, il a été interrogé sans la présence d’un avocat à la préfecture de police, avant d’être déféré et condamné le 8 avril pour « coalition d’agents publics » et « entrave au fonctionnement du service public ».
(AIP)
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