Boundiali, 22 juil 2025 – Les autorités locales ont lancé au foyer des jeunes du quartier Lôwôrô de Boundiali une campagne de sensibilisation civique plaçant résolument la jeunesse au centre de la reconstruction des valeurs républicaines.
Cette initiative, pilotée par la direction régionale de la promotion de la jeunesse sous la houlette de la directrice régionale du Service civique, Edwige Kpan, marque un tournant dans l’approche traditionnelle de l’éducation civique. Plutôt que de s’appuyer uniquement sur les canaux administratifs classiques, les autorités misent sur les structures jeunesse comme vecteurs privilégiés de transmission des valeurs citoyennes.
« Cette campagne souligne l’importance du civisme pour garantir une coexistence harmonieuse et vise à inculquer les valeurs civiques et la responsabilité citoyenne », a-t-elle expliqué mercredi 16 juillet 2025, mettant l’accent sur une approche participative qui fait des jeunes les acteurs de leur propre formation civique.
L’originalité de cette démarche réside dans sa capacité à moderniser le rapport aux symboles de l’État. Le chef de service adjoint chargé du civisme, N’guessan Jérôme, a développé une pédagogie renouvelée autour des cinq symboles nationaux que sont les armoiries, le portrait présidentiel, l’emblème national, la devise « Union-Discipline-Travail » et l’hymne « l’Abidjanaise », en les ancrant dans les réalités contemporaines des jeunes.
Cette approche transgénérationnelle trouve écho dans les propos de la cheffe du service du civisme, Cissé Noura, qui a décliné le thème « Civisme pour tous » à travers les aspects social, culturel, économique, environnemental, sécurité routière, éducation et monde professionnel.
La dimension la plus prometteuse de cette initiative réside dans l’engagement des jeunes leaders communautaires comme relais. Le représentant du président de la jeunesse communale, Bamba Doténéméni, a pris l’engagement de diffuser ces messages civiques « auprès des différentes communautés pour que chacun soit au même niveau d’information ».
Cette stratégie de démultiplication par les pairs représente une évolution majeure dans les méthodes de sensibilisation civique, reconnaissant le pouvoir d’influence naturel des jeunes au sein de leurs communautés.
Pour le secrétaire général 1 de préfecture de Boundiali, Alain Djédjé, cette « activité noble » illustre une vision d’avenir où les institutions publiques accompagnent l’émergence d’une génération de citoyens éclairés. Son engagement à maintenir « la disponibilité des autorités administratives » pour soutenir ces initiatives témoigne d’une volonté institutionnelle de pérenniser cette approche.
L’expérience de Boundiali pourrait bien préfigurer une nouvelle ère dans l’éducation civique ivoirienne, où la jeunesse ne se contente plus de recevoir passivement les valeurs républicaines, mais devient l’acteur principal de leur réinvention et de leur transmission.
(AIP)
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