Abidjan, 19 juin 2026 (AIP) – L’ONG Take Care, engagée dans la sensibilisation, la prévention et l’accompagnement des personnes atteintes de drépanocytose en Côte d’Ivoire, a appelé jeudi 18 juin 2026, à une mobilisation accrue contre cette maladie largement méconnue et source de stigmatisation, à la veille de la Journée mondiale de la drépanocytose, célébrée le 19 juin de chaque année.
S’exprimant lors d’une rencontre au siège de la Fondation Porteo, la présidente de l’organisation, Esther Camara, a salué l’engagement de la Fondation et des partenaires impliqués, tout en insistant sur la nécessité de renforcer les actions de proximité au profit des populations.
Elle a annoncé, dans le cadre de cette journée commémorative, l’organisation d’une activité prévue le samedi 20 juin à Abidjan Cocody, visant à lutter contre l’isolement et la discrimination dont sont victimes les personnes atteintes de drépanocytose ainsi que leurs familles.
Selon Mme Camara, la maladie demeure insuffisamment connue du grand public, d’où l’urgence d’intensifier les campagnes de sensibilisation. « Faire le plus de bruit autour de cette pathologie est très important », a-t-elle insisté, appelant à une meilleure appropriation de la problématique par les communautés.
Créée il y a environ quatre ans et basée à Abidjan, l’ONG Take Care accompagne près de 100 enfants atteints de la maladie, avec l’appui de la Fondation Porteo. Cette prise en charge repose notamment sur des dotations en produits médicaux visant à améliorer la qualité de vie des patients et à réduire les complications.
L’organisation indique également avoir facilité la prise en charge chirurgicale d’un jeune patient de 20 ans souffrant d’une complication grave, aujourd’hui en phase de rétablissement au sein de sa famille.
Pour la présidente de l’ONG, ce dispositif constitue un véritable soulagement pour les familles. « Grâce à cet appui, nous constatons une nette amélioration de l’état de santé des enfants suivis, avec moins de crises et une meilleure qualité de vie », a-t-elle souligné, tout en plaidant pour la pérennisation de ce type d’initiative.
Elle estime en outre que ce programme « offre une véritable chance de vie à des enfants qui, sans traitement, seraient fortement exposés à des complications graves », appelant à un accompagnement médical continu et structuré.
En Afrique, la drépanocytose représente un enjeu majeur de santé publique, étant responsable d’environ 5 % des décès d’enfants de moins de cinq ans, avec des taux atteignant 9 à 16% dans certains pays d’Afrique de l’Ouest.
À l’échelle mondiale, plus de 7, 74 millions de personnes vivent avec la maladie, dont plus de 73 % en Afrique. Chaque année, plus de 400 000 bébés naissent atteints de cette maladie génétique en Afrique subsaharienne.
En Côte d’Ivoire, la drépanocytose demeure également une préoccupation sanitaire importante, avec environ 20 000 nouveaux cas sévères enregistrés chaque année à la naissance, selon des données issues d’études scientifiques. Une situation qui appelle au renforcement des actions de prévention, de dépistage précoce et de prise en charge des patients.
(AIP)
ymt/cmas

