Abidjan, 5 déc 2025 (AIP) – Des agents de médias ivoiriens ont pris l’engagement de renforcer la lutte contre les violences numériques à travers leurs productions et articles, lors d’un atelier sur les violences basées sur le genre (VBG) tenu jeudi 4 décembre 2025 à Abidjan-Cocody dont le préjudice financier est estimé à 6,9 milliards FCFA.
La session, organisée par ONU Femmes et le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), a réuni une trentaine de journalistes. Elle visait à renforcer les connaissances sur les violences en ligne, à promouvoir la mobilisation communautaire, à rappeler les dispositions légales et à encourager la diffusion de contenus de prévention.
Selon les données présentées, 12 100 plaintes liées à l’incivisme et à la cybercriminalité ont été enregistrées en 2024. Un jeune sur quatre déclare avoir été victime de harcèlement en ligne. Par ailleurs, 2 822 plaintes concernent des atteintes à la dignité humaine, des usurpations d’identifiants, des atteintes à l’image ou à l’honneur, ainsi que des spoliations de contenus.
La violence numérique regroupe les actes de harcèlement, menaces, chantage, violation de la vie privée, diffusion non autorisée d’images ou usurpation d’identité commis via des supports numériques. L’anonymat, la rapidité des échanges et l’usage étendu des réseaux sociaux accentuent les risques.
Les participants ont relevé que la protection reste limitée en raison du manque d’éducation numérique, de la faiblesse de certaines réglementations, des difficultés d’accès à la justice et de la peur de dénoncer. Les violences peuvent être continues et avoir un impact durable sur la vie des victimes, particulièrement chez les 15-25 ans, la tranche la plus touchée.
Des mesures de prévention ont été rappelées, notamment l’utilisation de mots de passe robustes, la double authentification, la vérification des paramètres de confidentialité, le refus de partager des contenus sensibles, la vigilance face aux demandes suspectes, ainsi que le signalement des comportements abusifs.
Les agents de médias ont annoncé qu’ils éviteront les détails susceptibles d’exposer ou de stigmatiser les survivantes. Ils se sont engagés à informer sur la sécurité numérique, à détecter les violences en ligne, à orienter les victimes vers les services psychosociaux et juridiques, et à promouvoir l’usage de la ligne sociale 1308.
« L’engagement que vous venez de prendre est très important pour faire bouger les lignes (…) Vous devez tirer la sonnette d’alarme de façon groupée et permanente afin d’attirer l’attention des gouvernants et de la communauté », a déclaré la présidente de REMAPSEN-Côte d’Ivoire, Bintou Sanogo.
La représentante pays d’ONU Femmes, Adjaratou Fatim N’Diaye, a rappelé que « la violence numérique est une vraie violence. En ligne ou hors ligne, elle détruit des vies et a un impact sur l’économie. Les médias doivent apporter leur part pour changer et améliorer les choses ».
En Côte d’Ivoire, 9 607 cas de VBG ont été enregistrés en 2024, dont 920 viols, 287 agressions sexuelles, 2 030 agressions physiques, 153 mariages forcés, 4 394 dénis de ressources et 1 798 violences psychologiques, selon le Programme national de lutte contre les VBG (PNL-VBG).
La rencontre s’inscrivait dans le cadre des « 16 jours d’activisme contre les VBG », lancés le 25 novembre et prévus pour s’achever le 10 décembre, Journée mondiale des droits de l’Homme.
(AIP)
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