San Pedro, 07 mars 2026 (AIP) – Le Centre régional d’appui à la société civile (CRASC) a organisé le jeudi 05 mars 2026 à San Pedro, un panel et une conférence sur l’accès à la justice des femmes et des filles, dans le but de renforcer la mobilisation sociale, alimenter la réflexion collective et encourager des actions concertées en faveur d’un accès équitable à la justice pour les femmes et les filles.
Cet événement, placé sous le thème « Engagement citoyen pour l’accès à la justice des femmes et des filles », s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme (JIF).
Le substitut du procureur près le tribunal de première instance de San Pedro, Amani Raymond, a souligné que la loi garantit à tous les citoyens, notamment les femmes et les filles, un accès à l’appareil judiciaire. Les deux voies d’accès à la justice consistent à saisir directement le procureur de la République d’une plainte ou passer par un officier de police judiciaire pour les affaires pénales, et à saisir un juge via un commissaire de justice pour les affaires civiles.
Selon lui, les raisons qui empêchent les femmes de recourir à la justice lorsqu’elles sont victimes d’infractions pénales ou lorsqu’elles ont des droits à défendre sont multiples : l’ignorance de leurs droits et du fonctionnement de l’appareil judiciaire, ainsi que les pressions sociales et familiales. Il a précisé que l’intervention de leurs proches dissuade souvent les femmes de porter plainte.
Le magistrat a également expliqué certaines situations où les femmes peuvent saisir les tribunaux ou se faire soutenir par la dénonciation, notamment en cas de violences conjugales, de viols, de mutilations génitales ou d’excision, de mariages forcés, de mariages de mineurs (moins de 18 ans) et de toute forme de violence basée sur le genre à l’encontre des femmes. Ces infractions sont réprimées par le code pénal ivoirien.
Les cas de succession ont particulièrement suscité l’intérêt de l’auditoire et ont constitué le sujet principal des échanges.
Pour améliorer l’accès des femmes à la justice, des recommandations ont été formulées telles que la scolarisation obligatoire des filles, la promotion des cours d’alphabétisation pour les femmes analphabètes, la tenue de journées portes ouvertes dans les tribunaux, ainsi que la construction de nouveaux tribunaux pour rapprocher la justice des justiciables. Le personnel judiciaire a été également invité à faire preuve d’écoute et de réceptivité.
En tant que co-animateurs du panel, le directeur régional de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Amadou Savané, et la présidente de la commission régionale des droits de l’homme, Konaté Badjira Djénéba, ont présenté les services destinés à accompagner les femmes dans la défense de leurs droits et leur accès à la justice.
M. Savané a rappelé l’existence d’une plateforme régionale dédiée à la lutte contre les violences et de numéros verts permettant de dénoncer des cas de violence de manière anonyme.
Le sous-préfet de Grand Béréby, Mme Sieni Tia Marie-Laure, présidente de la cérémonie, a encouragé les femmes à intensifier leurs actions en faveur d’une justice équitable à leur égard.

Cette activité, en cohérence avec le thème national de la JIF, a été organisée par le consortium du Projet d’Appui à la Société Civile en Côte d’Ivoire (PASCI) et les CRASC. Elle a également été l’occasion de distinguer cinq femmes de la commune pour leur contribution à la promotion et à la défense des droits des femmes. La cérémonie s’est clôturée par une visite des associations féminines au tribunal de première instance de San Pedro.
Une cérémonie officielle est prévue dimanche pour la célébration de la JIF au niveau local. Au plan national, la JIF 2026 porte sur le thème “Justice pour toutes: agir pour les femmes et les filles de Côte d’Ivoire”.
(AIP)
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