Bouaké, 18 juin 2026 (AIP)- L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT), à travers son Institut de recherche stratégique (IRS), a organisé mercredi 17 juin 2026 à l’amphithéâtre C du campus 2 de l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké une conférence de restitution de trois études consacrées à la problématique du terrorisme en Afrique de l’Ouest, avec l’appui technique et financier de l’Union européenne et d’Expertise France.
Cette rencontre scientifique s’inscrit dans le cadre du programme dénommé « Café stratégique universitaire », initié par l’IRS pour sensibiliser la communauté universitaire aux enjeux liés au terrorisme, à la radicalisation et à l’extrémisme violent.
Selon le directeur de l’Institut de recherche stratégique, Dr Lassina Diarra, cette activité vise à rapprocher les travaux de recherche des étudiants, des enseignants-chercheurs et de l’ensemble des acteurs du monde universitaire afin de favoriser une meilleure compréhension des défis sécuritaires auxquels sont confrontés les États de la sous-région.
« Cette conférence, au-delà de son aspect scientifique, constitue une invitation à l’esprit citoyen et républicain face à des phénomènes qui représentent des menaces pour la stabilité de nos États. Nos sociétés connaissent depuis plusieurs décennies des bouleversements liés à l’émergence de nouvelles formes de conflictualité portées par des acteurs qui exploitent les fragilités sociales, économiques et politiques pour étendre leur influence sur certaines populations », a déclaré Dr Diarra.
Les travaux présentés au cours de la conférence sont issus de trois études portant sur la politique de déradicalisation, la prise en charge des victimes du terrorisme ainsi que la situation des enfants vivant dans des zones sous influence jihadiste.
La restitution de ces recherches s’est déroulée en trois sessions thématiques. La première, intitulée « Jeunes garçons et filles dans les zones sous influence jihadiste : enjeux d’embrigadement et de protection », a abordé les mécanismes de recrutement des mineurs par les groupes extrémistes ainsi que les dispositifs de protection susceptibles de prévenir leur enrôlement.

La deuxième session, consacrée à « L’expérience des politiques de déradicalisation en Afrique : succès, échecs, doutes et perspectives », a permis de présenter plusieurs approches mises en œuvre dans différents pays africains pour accompagner les personnes engagées dans des processus de radicalisation ou de retour des groupes armés, tout en mettant en lumière les résultats enregistrés et les défis rencontrés.
La troisième session, intitulée « Prise en charge des victimes du terrorisme et problématique d’insertion des déplacés », a porté sur les mécanismes d’assistance aux victimes ainsi que sur les difficultés liées à la réinsertion sociale et économique des personnes déplacées par les violences terroristes.
Selon les organisateurs, ces études visent à renforcer les connaissances des participants sur les dynamiques de radicalisation, les stratégies de prévention de l’extrémisme violent et les réponses adaptées aux conséquences du terrorisme. Elles mettent également en évidence les besoins des victimes en matière de prise en charge psychosociale, juridique et économique, tout en identifiant les facteurs de réussite et les limites observés dans les programmes de déradicalisation mis en œuvre dans plusieurs contextes africains.
Les résultats de ces recherches devraient également permettre aux étudiants de mieux comprendre leur rôle dans les mécanismes de prévention, d’alerte et de résilience face aux menaces terroristes, ainsi que de contribuer à la réflexion sur les réponses à apporter aux défis sécuritaires de long terme.
Intervenant à l’ouverture des travaux, le chef du département d’histoire de l’Université Alassane Ouattara, Pr Sangaré Souleymane, a salué l’initiative de l’AILCT et de son Institut de recherche stratégique. Il a réaffirmé l’engagement des enseignants-chercheurs à accompagner les actions de sensibilisation destinées aux étudiants sur les risques liés à la radicalisation et à la diffusion de discours extrémistes.
Selon lui, les universitaires jouent un rôle dans l’encadrement des étudiants face aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux et aux interprétations pouvant découler de l’actualité sécuritaire dans la sous-région. « Nous sommes des éducateurs. Nous échangeons régulièrement avec les étudiants sur la nécessité d’exercer un esprit critique face à certains discours, notamment, sur les réseaux sociaux. Nous attirons leur attention sur l’importance de conserver une approche équilibrée dans l’analyse des situations et des informations auxquelles ils sont exposés », a indiqué Pr Sangaré Souleymane.
Cette conférence a réuni des enseignants-chercheurs, des étudiants, des spécialistes des questions sécuritaires ainsi que plusieurs acteurs intéressés par les enjeux de prévention de l’extrémisme violent et de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.
(AIP)
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