Abidjan, 25 juin 2026 (AIP) – La ministre nigérienne de la Fonction publique, du Travail et de l’Emploi, Aïssatou Abdoulaye Tondi, a reconnu l’existence d’un important déséquilibre dans la pyramide des emplois de l’administration publique nigérienne, marqué par une surreprésentation des agents de catégorie A.
Face à cette situation, le gouvernement nigérien envisage une révision du Statut général de la fonction publique ainsi qu’un renforcement du recrutement de cadres moyens afin de rétablir un meilleur équilibre des effectifs, a rapporté jeudi 25 juin 2026 l’Agence nigérienne de presse (ANP).
Lors d’un entretien accordé à la presse mercredi 24 juin 2026, la ministre nigérienne a indiqué que les agents de catégorie A représentent actuellement 40 % des effectifs de la fonction publique, alors que le Statut général prévoit une proportion de 15 %.
À l’inverse, les catégories C et D ne représentent respectivement que 21,53 % et 11,49 % des effectifs, contre des proportions théoriques de 35 % et 20 %.
Selon Mme Tondi, cette situation est la conséquence de choix politiques effectués au fil des années ainsi que de l’orientation des systèmes de formation vers les emplois des catégories supérieures.
Pour corriger ce déséquilibre, son département étudie deux pistes majeures : l’adaptation du Statut général de la fonction publique aux réalités actuelles de l’administration et le recrutement accru de cadres moyens dans les secteurs où les besoins sont les plus importants.
Elle a également présenté le bilan des réformes engagées par son département. Parmi les principales mesures figurent la révision de l’âge de départ à la retraite, le relèvement de l’âge limite d’accès à la formation continue, la revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), la réalisation d’une étude sur la motivation des agents de l’État et l’opérationnalisation de la mutuelle de santé des agents publics.
Mme Tondi a par ailleurs mis en avant les progrès enregistrés dans la modernisation de l’administration publique. Elle a cité la publication du premier annuaire statistique du secteur, la mise en place d’un système biométrique de contrôle de présence et d’assiduité des agents, ainsi que la numérisation progressive des dossiers administratifs, un chantier dont l’achèvement est prévu avant la fin de l’année 2026.
Abordant le recrutement exceptionnel des enseignants contractuels, la ministre a annoncé que le comité technique chargé du traitement des candidatures a achevé la saisie et l’examen de 54.294 dossiers. Les conclusions de ce travail seront prochainement transmises à la commission nationale de sélection, dont la réunion est attendue avant la fin du mois de juin.
Elle a assuré que le recrutement de 11.015 enseignants contractuels sera effectif avant la fin de l’année 2026, précisant que les postes budgétaires nécessaires sont déjà disponibles.
Selon Aïssatou Abdoulaye Tondi, cette opération s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à réduire progressivement le recours à la contractualisation dans le secteur de l’éducation, conformément aux engagements pris par les autorités nigériennes.
(AIP)
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