Abidjan, 25 juin 2026 (AIP) – Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a affirmé, jeudi 25 juin 2026, à Abidjan que « l’Afrique a un rapport particulier avec la nature », à l’occasion du symposium inaugural de l’Institut Laayel des Sciences religieuses de l’Université AIGRH des disciplines rares, organisé au Cerap-Cocody.
Patron de la cérémonie, M. Mambé a invité à un retour à l’équilibre entre l’homme, la nature et le divin, estimant que « l’homme est certes intelligent, mais il serait plus intelligent encore s’il comprenait qu’il n’est qu’un élément de la nature ».
Pour lui, le respect de cette trilogie constitue un fondement essentiel de l’existence humaine. Il a souligné que les pratiques traditionnelles africaines traduisent cette relation particulière avec la nature et le sacré.
« Lorsque la chefferie invoque les ancêtres, ce n’est pas du fétichisme. Elle prie pour quelque chose de plus grand », a-t-il expliqué, ajoutant qu’avant l’installation d’un village, des prières sont traditionnellement adressées aux ancêtres et aux esprits divins dans le cadre d’une alliance avec les forces de la nature.
Le Premier ministre a également mis en garde contre les dérives d’une humanité qui se croit détachée de son environnement. Selon lui, « le problème du monde actuel, c’est que certains pensent qu’ils savent tout et qu’ils n’ont plus rien à faire avec la nature ». Il a estimé que le changement climatique constitue l’une des conséquences de cette rupture, le qualifiant de « résultat de la bêtise humaine ».
Le recteur de l’Institut Laayel des Sciences religieuses de l’Université AIGRH des disciplines rares, Pr Essane Séraphin, a placé son intervention sous le sceau du sacré. Il a présenté la symbolique du nom de l’Université Taharqa Sarê, une expression peuhl qui renvoie notamment aux notions de « consulteur », de « bâtisseur » et de « mystique ».
Pr Essane s’est félicité de la tenue de cette rencontre réunissant universitaires, autorités politiques et administratives autour de la thématique du dialogue entre l’homme et le divin. Il a également exprimé sa gratitude au Premier ministre, présenté comme le parrain académique de l’institution.
Avant les allocutions officielles, une conférence académique a été prononcée par le président honoraire de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des diasporas africaines (ASCAD), Pr Hauhouot Asseypo Antoine, co-parrain académique de l’événement avec le président honoraire de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Pr Kouakou N’Guessan François.
Portant sur le thème, « L’Anthropocène et la problématique des sciences religieuses en Afrique subsaharienne », la conférence a été suivie d’un panel au cours duquel Pr Kouakou N’Guessan François a qualifié la relation entre l’anthropocène et les sciences religieuses de sujet complexe. La sœur Noélie Djimadoumbaye, de la congrégation des Sœurs Xavière, a quant à elle abordé la question de la tradition chrétienne face aux défis de l’anthropocène.
(AIP)
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