Abidjan, 26 juin 2026 (AIP)- La Cour de justice de la CEDEAO, dans son arrêt lundi 22 juin 2026, a jugé le gouvernement nigérian responsable d’avoir violé les droits à la liberté d’expression, à la liberté individuelle, à la dignité humaine et au droit de propriété, d’ un journaliste nigérian, à la suite d’une manifestation organisée à Abuja, au Nigéria, le 1er août 2024.
En conséquence, la Cour lui a accordé 10 millions de nairas à titre de dommages et intérêts et a enjoint à la République fédérale du Nigeria de rendre compte des mesures prises pour mettre en œuvre l’arrêt dans un délai de trois mois.
Le requérant, Oyekunle Jide, journaliste et président de la section des correspondants du Territoire de la capitale fédérale (FCT) de l’Union des journalistes nigérians (NUJ), allègue qu’alors qu’il couvrait la manifestation « EndBadGovernanceInNigeria » à Eagle Square, à Abuja, au Nigéria, le 1er août 2024, il a été agressé par des policiers, détenu illégalement et privé de son matériel professionnel.
Il ajoute que les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes sur les lieux de la manifestation, confisqué son téléphone portable pendant environ huit heures et endommagé son appareil photo Canon. Il allègue en outre avoir fait l’objet d’une surveillance et d’un contrôle illégaux de ses communications téléphoniques après l’incident.
Le requérant a demandé à la Cour de constater la violation de ses droits à la liberté d’expression, à la liberté individuelle, à la dignité, à la propriété et au respect de la vie privée. Il a réclamé des dommages et intérêts d’un montant total de 505 000 000,00 nairas au titre du préjudice moral et des dommages spéciaux.
L’État défendeur a nié les allégations, affirmant que la manifestation avait dégénéré en violence et que les forces de l’ordre étaient intervenues pour sécuriser la zone des Trois Armes. Il a également soutenu que la détention provisoire du requérant était légale et résultait de son refus d’obtempérer aux injonctions de la police.
La Cour a réaffirmé que les allégations de violations des droits de l’homme relèvent de sa compétence. Elle a jugé la requête recevable, relevant que le requérant s’était identifié comme la victime directe des violations alléguées et que l’affaire n’était pas portée devant une autre juridiction internationale compétente.
Sur le fond, la Cour a relevé que le requérant exerçait une activité journalistique légitime en traitant d’un sujet d’intérêt public. Elle a estimé que l’intimé n’avait fourni aucune justification légale pour entraver son travail, ni pour confisquer son téléphone portable.
La Cour a également jugé que le défendeur n’avait fourni aucune preuve de mandat judiciaire ou de procédure légale justifiant la détention du requérant. Il a donc été conclu que sa détention était arbitraire et constituait une violation de son droit à la liberté et à la sécurité de sa personne.
(AIP)
gak/fmo

